L’Espagne nie avoir cédé à Trump sur la question de l’augmentation des dépenses de défense


Principaux renseignements

  • L’Espagne nie avoir augmenté ses dépenses de défense sous la pression du président Donald Trump.
  • Les déclarations contradictoires des États-Unis concernant les concessions espagnoles ont semé la confusion sur le plan diplomatique.
  • Les règles commerciales de l’Union européenne limitent la capacité des États-Unis à imposer des sanctions individuelles à l’Espagne.

Le gouvernement espagnol a nié avoir cédé à la pression du président Donald Trump pour augmenter ses dépenses militaires. La tension a atteint son paroxysme lors du sommet de l’OTAN à Ankara, où Trump a critiqué l’Espagne pour s’être opposée à une proposition visant à obliger tous les États membres à consacrer 5 pour cent de leur PIB à la défense au cours des dix prochaines années. C’est ce que rapporte POLITICO.

Qualifiant l’Espagne de partenaire inadéquat, le dirigeant américain a dans un premier temps ordonné au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de suspendre tous les échanges commerciaux et les voyages entre les deux pays.

Changement de position

Alors que les responsables américains avaient initialement laissé entendre que les départements du Commerce et du Trésor étaient en train d’identifier les produits espagnols susceptibles d’être visés par un embargo, Trump a par la suite changé de position.

Lors d’un entretien avec des journalistes à bord d’Air Force One, il a affirmé que l’Espagne s’était montrée « généreuse » et avait satisfait à ses exigences. Il n’a toutefois pas précisé quelles concessions l’Espagne aurait exactement faites.

Confusion autour des concessions

Ces déclarations contradictoires ont laissé les dirigeants espagnols perplexes. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a fait part de sa confusion face aux affirmations du président, déclarant que seul Trump lui-même pouvait clarifier la situation.

Par la suite, les autorités espagnoles ont interprété les propos du président comme une reconnaissance du respect de leurs obligations existantes. Un représentant du gouvernement a précisé qu’aucun nouvel accord de dépenses n’avait été conclu, suggérant plutôt que Trump reconnaissait la réussite de l’Espagne à atteindre le seuil de 2 pour cent du PIB – un objectif que le pays s’est efforcé d’atteindre en triplant son budget de défense depuis 2018.

L’OTAN salue les contributions de l’Espagne

Ces progrès ont été salués par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a loué les contributions de l’Espagne aux opérations de l’Alliance. En particulier, d’ici juin 2026, l’Espagne aura déployé le plus grand nombre de militaires sur le flanc est de l’OTAN et continuera à diriger des initiatives stratégiques cruciales, notamment la brigade multinationale en Slovaquie et les opérations maritimes de la Force de réaction alliée.

Un schéma récurrent de menaces commerciales

Cet incident s’inscrit dans une série de menaces commerciales imprévisibles de la part du président américain. Des tensions similaires s’étaient produites en octobre au sujet des budgets de défense et en février, après que l’Espagne eut interdit l’utilisation d’installations militaires communes pour des frappes contre l’Iran.

Dans ces cas-là, les sanctions brandies n’ont jamais été mises en œuvre. Des experts de l’UE et d’Espagne soulignent que, l’Espagne faisant partie du bloc commercial unifié de l’Union européenne, les États-Unis ne peuvent légalement imposer de sanctions individuelles à l’encontre de ce pays.

Efforts pour maintenir la stabilité

Malgré le caractère instable des déclarations, les responsables espagnols s’efforcent de minimiser le conflit. Un porte-parole a souligné que les liens économiques entre les États-Unis et l’Espagne restaient solides et que Madrid avait l’intention de maintenir des relations positives. (lv)

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