Principaux renseignements
- La Commission européenne affirme que Meta rend délibérément ses applications addictives pour les jeunes.
- Des violations avérées de la loi sur les services numériques pourraient coûter à Meta 6 pour cent de son chiffre d’affaires annuel mondial.
- Les régulateurs mondiaux et les tribunaux américains sanctionnent de plus en plus les géants de la tech pour avoir alimenté une crise de santé mentale chez les jeunes.
La Commission européenne a intensifié son examen de Meta, affirmant que l’entreprise utilise des éléments d’interface créant une dépendance qui mettent en péril le bien-être des jeunes utilisateurs. Selon les premières conclusions publiées par l’organe exécutif de l’UE, des fonctionnalités telles que le défilement infini, la lecture automatique et les suggestions personnalisées sur Instagram et Facebook encouragent les comportements compulsifs. De plus, la Commission a noté que les mécanismes de sécurité, notamment le contrôle parental et les paramètres de limitation de temps pour les adolescents, sont soit trop complexes à mettre en œuvre, soit trop faciles à contourner.
Amende pouvant atteindre 6 pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial
Cette évolution marque une phase critique dans une enquête lancée en mai 2024 en vertu de la loi sur les services numériques (DSA). Bien qu’une décision finale soit en suspens et que Meta ait la possibilité de contester ces allégations, les conséquences potentielles sont graves.
Si les allégations sont avérées, l’Union européenne pourrait infliger des amendes pouvant atteindre 6 pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’entreprise. Cette enquête spécifique fait suite à une autre enquête distincte menée en avril concernant l’incapacité de Meta à empêcher les mineurs d’accéder à ses services.
Un tournant réglementaire mondial
Les mesures prises par l’UE reflètent une tendance mondiale croissante au durcissement de la réglementation visant à protéger les mineurs contre les dangers du numérique, tels que les contenus pour adultes et le cyberharcèlement.
Suivant l’exemple de l’Australie, qui a mis en place des restrictions strictes, des pays comme le Royaume-Uni étudient actuellement des mesures similaires concernant l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes.
Contestations judiciaires aux États-Unis
Des batailles juridiques parallèles se déroulent aux États-Unis, où Meta et d’autres géants de la technologie font face à une vague de poursuites judiciaires. Plus de 1 300 districts scolaires ont affirmé que des plateformes telles que YouTube et Instagram perturbaient l’environnement d’apprentissage, tandis que d’innombrables particuliers et familles ont intenté des poursuites en invoquant une crise de santé mentale chez les adolescents.
La gravité de ces allégations a été mise en évidence lors d’un récent procès à Los Angeles, où un jury a condamné les entreprises à verser 6 millions de dollars à une jeune femme après les avoir jugées responsables de sa détresse psychologique.
Défauts de conception
La Commission a en outre affirmé que Meta avait ignoré les données internes ou externes concernant les habitudes néfastes des utilisateurs, en particulier la tendance des enfants à utiliser ces plateformes de manière excessive tout au long de la nuit. L’UE suggère que certains formats de contenu, tels que les « Stories » et les « Reels », sont conçus de manière à susciter une envie incontrôlable de continuer à naviguer.
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(ns)

