Principaux renseignements
- La fin du cessez-le-feu avec l’Iran par les États-Unis fait grimper les prix du pétrole et déstabilise les marchés européens. Tel est l’avertissement lancé par certains dirigeants européens.
- La hausse des coûts énergétiques menace de réduire à néant les progrès réalisés en matière d’inflation et de freiner la croissance économique.
- Les dirigeants de l’UE accordent aux États membres une plus grande flexibilité budgétaire pour financer des initiatives énergétiques.
Les dirigeants européens mettent en garde contre une nouvelle période d’instabilité économique suite à l’annonce par Donald Trump de la fin du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Cet échec des efforts diplomatiques a provoqué une flambée des cours du pétrole, créant une nouvelle pression financière alors même que l’impact des conflits précédents commençait à s’atténuer. Le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, a fait remarquer à Bruxelles que la hausse des coûts énergétiques avait un impact négatif sur l’économie, tout en reconnaissant qu’un Iran doté de l’arme nucléaire représenterait une menace mondiale encore plus grave.
Une nouvelle hausse des taux de la BCE se profile-t-elle ?
La volatilité actuelle au Moyen-Orient confirme les inquiétudes des décideurs politiques européens concernant la fragilité de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. En conséquence, la Banque centrale européenne pourrait être contrainte de reconsidérer sa stratégie en matière de taux d’intérêt ; les investisseurs anticipent désormais de plus en plus un nouveau resserrement monétaire à la suite des déclarations du président américain.
Joachim Nagel, directeur de la Bundesbank, a laissé entendre que ces développements avaient en substance remis à zéro les progrès accomplis, ramenant la région à son état initial d’instabilité.
La menace d’une hausse de l’inflation
Alors que l’inflation affichait auparavant une tendance à la baisse — atteignant 2,8 pour cent dans la zone euro le mois dernier —, on craint désormais que ces progrès ne soient réduits à néant. Bien que ce chiffre soit resté supérieur à l’objectif de 2 pour cent, il était inférieur aux prévisions en raison de la baisse des coûts des carburants.
Cependant, le risque d’effets inflationnistes secondaires s’accroît, notamment du fait que les salariés réclament des salaires plus élevés pour faire face à la hausse du coût de la vie.
Protéger les ménages et les entreprises contre la hausse des prix de l’énergie
Face à ces défis, les ministres des Finances étudient des moyens d’accorder aux États membres une plus grande liberté budgétaire afin de protéger les citoyens et les entreprises contre les prix élevés de l’énergie.
La Commission européenne a récemment autorisé les pays à contourner certaines contraintes budgétaires, leur permettant de consacrer jusqu’à 0,3 pour cent de leur PIB à des initiatives énergétiques, y compris le nucléaire, sans enfreindre la limite de déficit de 3 pour cent fixée par l’UE.
Obstacles à la croissance économique
Au-delà de la menace d’inflation, la croissance économique se heurte à de nouveaux obstacles. Cela intervient alors que l’Allemagne montrait des signes de reprise après son ralentissement économique. On craint désormais que la croissance reste faible, les entreprises et les consommateurs réduisant leurs dépenses pour faire face à la hausse des factures d’énergie.
Le commissaire européen Valdis Dombrovskis a déclaré que, bien que l’économie reste en proie à la volatilité et aux perturbations dans le détroit d’Ormuz, les marchés européens font preuve de résilience malgré ces chocs d’offre.
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(ns)

