Le bombardier américain B-1B est désormais capable de lancer un missile antinavire, ce qui constitue une menace pour la Chine


Principaux renseignements

  • Le bombardier américain B-1B Lancer est désormais équipé d’un missile antinavire de longue portée de dernière génération.
  • La « létalité distribuée » permet aux frappes conjointes de l’armée de l’air et de la marine de percer les défenses adverses.
  • Cette modernisation représente une menace directe pour les moyens navals chinois en Asie de l’Est.

L’armée de l’air américaine a élargi les capacités opérationnelles de sa flotte vieillissante de B-1B Lancer en validant avec succès l’intégration du missile antinavire à longue portée AGM-158C (LRASM). Au cours d’une série d’essais menés à la base aérienne de Dyess, au Texas, les techniciens ont confirmé que ce bombardier datant de la Guerre froide pouvait servir de plate-forme efficace pour cet armement de pointe.

Bien que le processus de validation spécifique ait consisté à utiliser des câbles prolongés pour relier le missile au logiciel de l’appareil plutôt qu’à procéder à un lancement physique, l’exercice a démontré que l’importante capacité de charge utile du Lancer pouvait être mise à profit pour des frappes maritimes.

Modernisation des avions hérités

Cette mise à niveau technologique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser les avions hérités du passé pour les conflits contemporains. Le LRASM est une arme sophistiquée dotée d’une ogive à fragmentation de près de 500 kilogrammes et d’une suite de capteurs de haute précision conçue pour suivre et détruire des cibles navales en mouvement.

Avec une portée opérationnelle dépassant les 200 milles marins, ce missile permet à l’armée de l’air de menacer les flottes ennemies depuis une distance sûre. Cette capacité est encore renforcée par le bombardier B-2 Spirit, qui a récemment démontré l’efficacité du missile en frappant une cible près des îles Mariannes lors de l’exercice « Valiant Shield 26 ».

Létalité distribuée

L’objectif de cette intégration est d’instaurer la « létalité distribuée », un concept selon lequel l’armée de l’air et la marine opèrent de concert pour démanteler les défenses adverses. En combinant les capacités de frappe du Lancer avec les formations de croiseurs et de destroyers « chasseurs-tueurs » de la Marine, les États-Unis visent à pénétrer les zones chinoises de déni d’accès et de déni de zone (A2/AD).

Un tel effort coordonné a pour but de neutraliser les groupes aéronavals chinois et d’ouvrir la voie aux opérations amphibies du Corps des Marines des États-Unis en Asie de l’Est.

114 missiles

Sur le plan financier, l’armée de l’air s’est engagée à acquérir 114 de ces missiles, avec une enveloppe de 738 millions de dollars allouée dans le budget de l’exercice 2027. Au-delà du matériel, les responsables militaires soulignent que le véritable avantage réside dans l’ingéniosité du personnel qui adapte ces anciens systèmes aux nouvelles menaces. En poussant le B-1B au-delà de ses limites de conception initiales, les États-Unis créent une force interarmées plus flexible et plus meurtrière. Cette évolution envoie un signal clair à la Chine : ses moyens navals sont de plus en plus vulnérables à des attaques aériennes soudaines et dévastatrices. (fc)

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