La banque centrale roumaine maintient le taux d’intérêt le plus élevé de l’UE


Principaux renseignements

  • La banque centrale de Roumanie maintient son taux directeur à 6,5 % afin de lutter contre une inflation persistante supérieure à 10 pour cent.
  • L’impasse politique menace la notation de crédit du pays et les financements essentiels de l’UE.
  • La flambée des cours mondiaux du pétrole et l’instabilité intérieure entravent la stabilisation des prix.

L’inflation restant supérieure au seuil de 10 pour cent, la Roumanie a maintenu la politique de taux d’intérêt la plus restrictive de l’Union européenne. La Banque nationale de Roumanie a choisi de maintenir son taux directeur à 6,5 pour cent mercredi dernier, une décision qui correspond aux prévisions de tous les analystes interrogés par Bloomberg.

Stratégie monétaire prudente

Après avoir maintenu les coûts d’emprunt à un niveau constant pendant plus de dix-huit mois, les responsables monétaires de Bucarest estiment qu’une période d’observation supplémentaire est nécessaire avant d’envisager toute baisse des taux.

Cette approche prudente s’explique par la persistance des pressions inflationnistes nationales résultant des politiques d’austérité, qui ont été encore aggravées par la hausse des cours mondiaux du pétrole.

Baisse prévue de l’inflation

Selon la banque centrale, un léger recul de l’inflation est attendu en juin, une baisse plus significative étant prévue au cours du troisième trimestre. Ces prévisions reposent sur l’hypothèse que les effets des hausses d’impôts et de la suppression des plafonds tarifaires sur l’électricité commenceront à s’atténuer.

La stabilisation des prix à long terme devrait être favorisée par une réduction de la demande globale, liée aux ajustements budgétaires prévus pour 2025 et 2026. La banque a toutefois averti que l’instabilité politique actuelle dans le pays crée des incertitudes quant à la mise en œuvre des futurs efforts d’assainissement budgétaire.

La hausse des prix du pétrole stimule l’inflation 

La situation monétaire difficile de la Roumanie met en évidence les défis variés auxquels sont confrontées les banques centrales d’Europe de l’Est. Alors que la Hongrie a pu réduire ses taux en juin grâce au renforcement de sa monnaie et au ralentissement de la hausse des prix, et que la République tchèque et la Pologne restent en phase d’évaluation ou de statu quo, la Roumanie continue de rencontrer des difficultés.

Le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les coûts du pétrole, repoussant la hausse des prix à la consommation en mai au-delà de 10 pour cent et perturbant la trajectoire attendue de désinflation.

Impasse politique

Les perspectives économiques sont encore compliquées par une impasse politique qui menace la capacité du gouvernement à réduire l’un des plus importants déficits budgétaires de l’UE.

Suite à l’échec du vote de confiance en faveur du Premier ministre Ilie Bolojan il y a deux mois, le pays est actuellement dirigé par un gouvernement intérimaire aux pouvoirs restreints, les factions politiques restant incapables de s’entendre sur la composition d’un nouveau gouvernement.

Menaces pesant sur la notation de crédit

Cette impasse législative accroît le risque que la notation de crédit de la Roumanie soit abaissée au statut de « junk » (catégorie spéculative). Une telle dégradation serait catastrophique, car le pays dépend fortement des milliards d’euros de fonds de relance de l’UE pour combler son déficit budgétaire.

Les trois principales agences de notation maintenant actuellement une perspective négative sur la notation « investment grade » la plus basse de la Roumanie, les réévaluations devraient débuter ce mois-ci. Afin d’éviter cela, le Premier ministre par intérim Bolojan s’est engagé à présenter les textes législatifs nécessaires pour garantir le financement de l’UE lors d’une session parlementaire extraordinaire prévue fin juillet ou début août.

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(ns)

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