La participation d’UniCredit dans Commerzbank passe à près de 48 pour cent


Principaux renseignements

  • UniCredit contrôle désormais près de 48 pour cent de Commerzbank.
  • Cette fusion donnerait naissance au plus grand géant bancaire européen depuis deux décennies.
  • Une opposition farouche des milieux politiques et syndicaux menace la finalisation de cette prise de contrôle.

UniCredit est en passe d’acquérir une position dominante au sein de Commerzbank, sa participation potentielle s’élevant désormais à 47,6 pour cent. Cette évolution fait suite à une offre publique d’achat dans le cadre de laquelle les investisseurs ont apporté 17,6 pour cent du capital avant la date limite du 3 juillet, avec notamment une forte augmentation enregistrée pendant la prolongation de deux semaines. Si l’on ajoute à cela ses participations existantes en actions physiques et en dérivés convertibles, qui totalisaient près de 30 pour cent, le PDG Andrea Orcel est désormais en mesure d’exercer une influence significative sur l’établissement allemand. C’est ce qu’indique Bloomberg.

La plus grande fusion bancaire en Europe

Si elle se concrétisait, cette opération constituerait la plus grande fusion bancaire en Europe depuis une vingtaine d’années, faisant d’UniCredit un acteur majeur en Allemagne et renforçant sa présence en Pologne.

Étant donné que tous les actionnaires ne votent généralement pas, Orcel pourrait être en mesure de nommer ses propres représentants au sein du conseil de surveillance, ce qui faciliterait les changements de direction ou les réorientations stratégiques. Toutefois, cette voie se heurte à la résistance des syndicats, de la PDG de la Commerzbank, Bettina Orlopp, et du gouvernement allemand.

En attente de l’autorisation des autorités de contrôle 

La transition dépend actuellement des autorisations réglementaires, notamment de la Banque centrale européenne (BCE), pour permettre à UniCredit de détenir plus de 30 pour cent des actions.

Orcel estime que ce processus d’approbation pourrait s’étendre sur trois à six mois. De plus, la BCE pourrait exiger que la Commerzbank soit consolidée dans le bilan d’UniCredit une fois le contrôle établi, ce qui augmenterait par la suite les exigences de fonds propres de la banque italienne.

Les voies vers la prise de contrôle totale

UniCredit avait initialement envisagé trois scénarios : une participation minoritaire de 30 pour cent, une position de contrôle gérée par l’intermédiaire de sa filiale HVB, ou une fusion complète.

La première option a été écartée, et les deux dernières restent au centre des préoccupations. Pour parvenir à une prise de contrôle totale, UniCredit pourrait acheter davantage d’actions sur le marché libre, lancer une nouvelle offre publique d’achat ou convertir davantage de produits dérivés en actions.

Résistance interne et politique

L’opposition interne reste farouche. La PDG Bettina Orlopp a rejeté l’offre, la jugeant sous-évaluée, et a averti qu’une participation inférieure à 50 pour cent pourrait mener à une « voie de la misère » caractérisée par une paralysie stratégique. Elle a également averti que les projets d’Orcel visant à supprimer 5 000 emplois et à réduire le réseau international porteraient atteinte au modèle économique fondamental de la banque. Parallèlement, le gouvernement allemand, qui détient environ 12 pour cent de la société, a systématiquement refusé de vendre ses actions et a même exploré d’autres pistes d’investisseurs stratégiques.

Malgré la désapprobation du gouvernement et les éventuels obstacles liés au vote, les analystes du secteur estiment qu’une acquisition complète devient le scénario le plus probable, même si la décision finale ne se concrétisera que dans plusieurs mois.

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(ns)

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