Principaux renseignements
- Le rayon d’action du F-47 ne permet pas d’atteindre le détroit de Taïwan depuis Guam.
- La dépendance vis-à-vis d’avions ravitailleurs vulnérables constitue un point faible pour les États-Unis en cas de conflit avec la Chine.
- La géographie du Pacifique dépasse les prouesses techniques américaines.
L’armée de l’air américaine a récemment dévoilé les premiers indicateurs de performance officiels du F-47, son futur avion de chasse. Bien que cet appareil établisse un record national avec un rayon d’action dépassant les 1 000 milles marins (1.850 kilometer) — soit près du double de celui du F-22 —, cette avancée reste insuffisante au regard de la géographie du Pacifique.
Plus précisément, la distance entre la base aérienne d’Andersen à Guam et le détroit de Taïwan est d’environ 1 500 milles marins (2 780 kilomètres), ce qui laisse un écart important que le F-47 ne peut combler avec son carburant embarqué. En revanche, des données issues de sources ouvertes suggèrent que le prototype chinois J-36 pourrait disposer de l’autonomie nécessaire pour couvrir cette distance.
Le ravitaillement en vol reste risqué
Ce déficit d’autonomie entraîne une dépendance dangereuse au ravitaillement en vol. Comme le F-47 et d’autres appareils tels que le F-35A ne parviennent pas à atteindre la distance requise, les avions ravitailleurs doivent opérer plus près de la zone de conflit. Ces ravitailleurs constituent des cibles extrêmement vulnérables, et la stratégie militaire chinoise comprend des missiles air-air à longue portée spécialement conçus pour les neutraliser.
De plus, les bases situées plus près du théâtre des opérations, telles que la base aérienne de Kadena à Okinawa, se trouvent dans la zone de frappe du vaste arsenal de missiles terrestres de la Chine, notamment le DF-26, surnommé « le tueur de Guam », et le DF-27, dont la portée est encore plus grande.
Renforcement du périmètre de Guam
Pour contrer ces menaces, les États-Unis s’attachent à renforcer les défenses de Guam. Ces efforts comprennent le déploiement d’intercepteurs SM-3 Block IIA et la mise en place d’un système de défense complet comprenant 16 sites prévus.
Cependant, les détracteurs font valoir que, bien que l’amélioration des fortifications soit nécessaire, elle ne résout pas le problème fondamental : la distance physique entre le sanctuaire de Guam et la zone d’opérations.
Le F/A-XX est confronté au même problème
Le programme F/A-XX de la Marine est confronté à des défis mathématiques similaires. Bien qu’il soit prévu qu’il dispose d’une portée supérieure d’environ 25 pour cent à celle du F-35C (environ 850 milles marins ou 1 575 kilomètres), son efficacité dépend de la position du porte-avions. Rapprocher un porte-avions de la côte pour compenser la portée limitée du chasseur ne fait qu’exposer davantage la flotte aux missiles.
Les États-Unis ont tenté de pallier ces problèmes d’autonomie par d’autres moyens. Les drones « Collaborative Combat Aircraft » (CCA) offrent une portée étendue pour escorter les avions pilotés, et le développement de missiles à longue portée permet de mener des frappes depuis des distances plus éloignées. De plus, le bombardier B-21 est conçu pour des missions que les chasseurs ne peuvent pas assumer. Le général David Allvin a défendu les spécifications du F-47 en soulignant qu’un avion capable d’opérer dans un rayon de 1 500 miles serait d’un coût prohibitif et trop lourd, ce qui risquerait de réduire le nombre total d’appareils que les États-Unis pourraient se permettre d’acquérir.
Pacifique
Malgré ces ajustements tactiques, un dilemme circulaire persiste. Le F-47 a été conçu avec une portée accrue car les avions ravitailleurs sont vulnérables, mais le développement d’avions ravitailleurs furtifs et résistants a été à plusieurs reprises retardé ou privé de financement. Par conséquent, le chasseur le plus avancé de l’histoire américaine ne peut toujours pas atteindre sa zone cible principale depuis une base sûre sans compter sur les avions ravitailleurs qui sont justement les plus exposés au risque.
Les données officielles confirment une réalité crue. Bien que le F-47 soit une prouesse technique, il ne peut surmonter le défi immuable que représente la géographie du Pacifique. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

