Principaux renseignements
- La Marine américaine va retirer tous les croiseurs de classe Ticonderoga d’ici 2030.
- La détérioration structurelle et l’échec des efforts de modernisation ont rendu ces navires obsolètes.
- Les adversaires surpassent désormais les États-Unis en matière de capacités de combat de surface lourdes.
La Marine américaine s’oriente vers le retrait complet des croiseurs de classe Ticonderoga, marquant ainsi une évolution vers une flotte composée de navires de combat moins lourdement armés. Sur les 27 navires construits entre 1980 et 1994, 20 ont déjà été désarmés, les sept derniers devant quitter le service d’ici 2030.
Ces navires se distinguaient par leurs 122 cellules de lancement vertical Mk 41, leur permettant de déployer un arsenal massif de missiles sol-air de la série SM et de missiles de croisière Tomahawk, tant pour la défense que pour les frappes terrestres offensives.
Échec de la modernisation
La décision de retirer progressivement ces croiseurs fait suite à l’échec du programme de modernisation des croiseurs, un projet de 3,7 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) destiné à améliorer les systèmes électroniques et l’intégrité structurelle afin d’éviter leur obsolescence.
Alors que le Congrès avait initialement bloqué ces retraits en 2010 en raison de préoccupations concernant la défense aérienne des groupes aéronavals, le projet de remise à neuf s’est avéré inefficace. Le programme a dépassé son budget d’environ 200 pour cent et n’a pas réussi à améliorer de manière significative la viabilité opérationnelle ni la durée de vie des navires.
Dégradation structurelle et obsolescence technique
La dégradation des matériaux rend l’entretien de la flotte de plus en plus difficile. L’amiral Michael Gilday, chef des opérations navales, a mis en évidence de graves problèmes structurels, notamment des fissures dans la coque et la détérioration des matériaux sur des navires dont l’âge dépasse souvent les 30 ans.
Au-delà de l’usure physique et de la corrosion, les croiseurs sont pénalisés par des systèmes radar obsolètes, incapables de contrer les menaces de missiles contemporaines, et par un manque d’automatisation qui nécessite un équipage de 300 à 400 marins, ce qui fait grimper les dépenses opérationnelles.
Retard
Ce déficit stratégique est exacerbé par l’annulation antérieure du programme CG(X), destiné à succéder aux croiseurs existants, ainsi que de ses précurseurs. Alors que les États-Unis sont aux prises avec une industrie navale en proie à des retards et à des dépassements de coûts — comme en témoignent les difficultés persistantes du programme de destroyers de nouvelle génération DDG(X) —, leurs adversaires progressent.
La Chine déploie actuellement de grands navires de combat de surface sophistiqués, et la Corée du Nord a l’intention de mettre en service des destroyers lourdement armés d’ici la fin de la décennie, laissant les États-Unis sans équivalent direct à la puissance de feu considérable autrefois fournie par la classe Ticonderoga. (fc)
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