Principaux renseignements
- La guerre hybride menace les réseaux énergétiques européens et les câbles sous-marins. C’est ce qu’affirme Pierroberto Folgiero, directeur du chantier naval italien Fincantieri.
- Le sabotage sous-marin risque de causer des dommages économiques plus importants que les frappes militaires traditionnelles.
- Les entreprises du secteur de la défense investissent massivement dans la sécurité sous-marine et la robotique.
Folgiero a averti que la guerre hybride représentait un risque croissant pour les réseaux énergétiques européens et les câbles sous-marins. Lors d’un entretien mardi avec Bloomberg TV, Folgiero a fait remarquer que la vulnérabilité des infrastructures sous-marines critiques avait été négligée depuis bien trop longtemps, soulignant que la Méditerranée constituait une zone particulièrement à risque en raison de sa congestion extrême.
Risques économiques liés au sabotage sous-marin
Selon Folgiero, la perturbation des conduites d’énergie et des lignes de communication par le biais de sabotages pourrait causer des dommages économiques plus graves que des frappes militaires conventionnelles.
Ce point de vue fait suite à l’annonce récente par Fincantieri de quatre accords stratégiques visant à presque doubler les activités sous-marines de l’entreprise.
Les entreprises du secteur de la défense accélèrent le développement de la sécurité maritime
L’industrie de la défense dans son ensemble accélère actuellement le développement d’outils de sécurité maritime en réponse à l’instabilité croissante, telle que celle observée dans le détroit d’Ormuz.
Cette tendance se traduit par des opérations majeures menées par les entreprises, notamment le rachat par Lockheed Martin d’Ultra Maritime, une société spécialisée dans la détection des sous-marins, pour 3,45 milliards de dollars (3 milliards d’euros), et l’acquisition par Thales du développeur de robotique marine Exail Technologies.
La nouvelle frontière stratégique
Folgiero identifie les télécommunications sous-marines et les véhicules submersibles autonomes comme les principaux moteurs de la croissance future. D’après les projections des entreprises, ces secteurs devraient générer un chiffre d’affaires total d’environ 155 milliards d’euros entre 2026 et 2030, hors marchés russe et chinois.
Il a décrit les profondeurs de l’océan comme la dernière frontière stratégique, soulignant que si les menaces aériennes sont faciles à repérer, les activités sous-marines restent quant à elles largement invisibles.
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(ns)

