Selon un lauréat du prix Nobel d’économie, l’IA ne permettra probablement pas de relancer la forte croissance de la productivité


Principaux renseignements

  • L’IA ne devrait pas permettre de rétablir une forte croissance de la productivité dans les pays occidentaux. C’est ce qu’affirme Christopher Pissarides, lauréat du prix Nobel d’économie.
  • De grands secteurs tels que la santé et l’hôtellerie-restauration restent réfractaires à l’automatisation.
  • Les économies mondiales doivent se préparer à un avenir marqué par une croissance plus lente.

Dans une interview accordée à Bloomberg, Pissarides a averti qu’il était peu probable que l’IA permette de retrouver la forte croissance de la productivité observée auparavant dans les pays occidentaux. Malgré l’optimisme affiché par les responsables gouvernementaux et les leaders du secteur technologique, Pissarides suggère que la période d’expansion économique rapide pourrait bien être définitivement révolue.

Les limites de l’automatisation

Cet économiste, qui s’intéresse particulièrement à l’influence de l’automatisation sur l’emploi, a noté qu’une part importante de la main-d’œuvre — pouvant atteindre 40 pour cent au Royaume-Uni et aux États-Unis — reste épargnée par l’IA. Il a mis en avant des secteurs tels que l’hôtellerie et la santé, dans lesquels cette technologie n’apportera que peu, voire aucun gain de productivité.

En conséquence, il a exprimé son scepticisme face aux affirmations audacieuses de personnalités du secteur telles que Sam Altman d’OpenAI et Jensen Huang de Nvidia concernant le pouvoir de transformation de cette technologie.

Un regard sceptique sur la vague technologique

Tout en reconnaissant que certains avantages pourraient apparaître, Pissarides estime qu’il est irréaliste d’espérer une vague comparable à la révolution informatique de la fin du XXe siècle.

Lors d’une présentation à la Royal Economic Society, il a fait valoir que pour que les prévisions optimistes se concrétisent, les secteurs très sensibles à l’IA, tels que le secteur financier, devraient connaître des bonds extraordinaires en matière d’efficacité. Il a conclu que l’économie mondiale devrait probablement se préparer à un avenir marqué par une croissance plus lente.

Visions contradictoires de l’avenir

Ce point de vue contraste avec celui de certains décideurs politiques. Par exemple, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, soutient que l’IA pourrait potentiellement redynamiser la croissance économique, même s’il admet que les effets tangibles de cette technologie mettront un certain temps à apparaître dans les données officielles.

Ces espoirs de relance sont particulièrement vifs en Europe et aux États-Unis, où la stagnation des salaires réels et la faiblesse de la croissance ont créé un environnement politique et économique difficile.

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(ns)

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