L’IA creuse l’écart de capitalisation boursière entre les entreprises américaines et européennes


Principaux renseignements

  • Les investissements dans l’IA creusent l’écart de capitalisation boursière entre les entreprises américaines et européennes.
  • Les géants américains de la technologie dominent le classement des entreprises les plus valorisées au monde grâce à leur leadership dans les semi-conducteurs et le cloud.
  • L’Europe risque un déclin structurel permanent en raison de la fragmentation de ses marchés de capitaux et de la faiblesse des financements par capital-risque.

L’essor de l’intelligence artificielle a renforcé l’avance des entreprises américaines parmi les sociétés cotées les plus valorisées au monde, tandis que les entreprises européennes continuent de perdre du terrain en termes de classement relatif.

Les États-Unis dominent le classement des entreprises les plus valorisées

Une étude du cabinet de conseil EY indique que les investisseurs privilégient fortement les actifs technologiques, ce qui creuse encore davantage l’écart.

À la fin du deuxième trimestre, les États-Unis comptaient 56 des 100 entreprises les plus valorisées. La Chine suivait avec 12, tandis que le Japon et le Royaume-Uni en comptaient chacun cinq. La présence de l’Allemagne a considérablement diminué, seul Siemens figurant encore dans le top 100 à la 72e place, SAP et Allianz ayant quitté le classement.

Les géants technologiques américains dominent le classement

Le classement est largement dominé par les géants américains, avec Nvidia en tête avec une valorisation d’environ 4 800 milliards de dollars (4 200 milliards d’euros) au 30 juin, suivi de Microsoft, Apple et Alphabet.

Parmi les dix entreprises mondiales les plus valorisées, seules Saudi Aramco (Arabie saoudite) et TSMC (Taïwan) ne sont pas américaines.

Henrik Ahlers, associé gérant chez EY Allemagne, décrit ce phénomène comme un changement monumental dans la dynamique du marché mondial. Il a souligné que les investisseurs accordent des primes significatives aux organisations jouant un rôle central dans l’écosystème de l’IA, telles que les opérateurs de centres de données, les services cloud, les développeurs de plateformes et les fabricants de semi-conducteurs.

Risques structurels pour l’Europe

M. Ahlers a averti que l’Europe pourrait subir un déclin structurel dans ce secteur technologique crucial en raison d’un réseau de capital-risque sous-développé et de marchés de capitaux fragmentés. Cette tendance est particulièrement évidente en Allemagne, où le nombre d’entreprises figurant dans le top 100 mondial a chuté de sept en 2007 à une seule aujourd’hui.

Si l’Europe conserve son avance dans l’ingénierie industrielle, les priorités actuelles du marché favorisent largement les pionniers technologiques. Malgré ces tendances générales, quelques entités européennes, dont Infineon et Siemens Energy, ont vu leur position s’améliorer. (fc)

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