L’avenir du chasseur de combat GCAP assuré : le Japon, le Royaume-Uni et l’Italie prolongent le contrat jusqu’en 2027


Principaux renseignements

  • Le Global Combat Air Programme (GCAP) obtient une prolongation de contrat jusqu’en 2027 afin de maintenir le calendrier de développement du chasseur de sixième génération.
  • La résolution budgétaire britannique évite une perte critique de talents d’ingénierie spécialisés.
  • Le Japon vise une mise en service en 2035 afin de remplacer sa flotte d’avions vieillissante.

Le Global Combat Air Programme (GCAP) a obtenu une prolongation de son contrat jusqu’à fin 2027, après une période d’instabilité financière due à des retards dans le plan de dépenses de défense du Royaume-Uni.

Retard budgétaire britannique

Selon des informations publiées par Nikkei Asia, le projet dépendait depuis avril d’un financement relais temporaire, en raison de la publication tardive du plan d’investissement de la défense britannique. Ce retard budgétaire a placé les partenaires industriels dans une situation précaire, ceux-ci ayant besoin de garanties financières à long terme pour maintenir leurs effectifs et respecter le calendrier de développement.

Le plan d’investissement étant désormais définitif, les gouvernements participants peuvent s’engager dans un accord pluriannuel, ce qui permet à l’avion de démonstration de rester dans les délais pour son premier vol prévu fin 2027.

Coopération trilatérale pour l’armée de l’air de nouvelle génération

Cette initiative trilatérale de grande envergure vise à produire un chasseur furtif de sixième génération destiné à remplacer le Mitsubishi F-2, qui arrive en fin de vie, au Japon, ainsi que les Eurofighter Typhoon utilisés par l’Italie et le Royaume-Uni.

Lancé officiellement en décembre 2022, le projet prévoit une mise en service opérationnelle en 2035. Cette échéance est particulièrement cruciale pour le Japon, car elle coïncide avec le retrait obligatoire de sa flotte actuelle.

Turbulences financières

La mise en œuvre technique du programme est gérée par Edgewing, une coentreprise basée en Angleterre. Cette entité est détenue à parts égales par BAE Systems, Leonardo et la Japan Aircraft Industrial Enhancement Co.

Ce partenariat a failli subir un revers majeur lorsque l’indécision budgétaire du Royaume-Uni a repoussé le contrat de développement initial à avril 2026, ce qui a donné lieu à un accord de transition à court terme de 686 millions de livres sterling (environ 800 millions d’euros).

La gravité de ce déficit a été soulignée par BAE Systems, qui a averti que des milliers d’ingénieurs spécialisés pourraient être réaffectés si un financement stable n’était pas mis en place, car une main-d’œuvre aussi hautement qualifiée est difficile à remplacer une fois dispersée. De plus, cette incertitude a conduit l’Italie à tripler ses prévisions de coûts initiales pour la phase d’évaluation, les portant à 18,6 milliards d’euros.

Résolution diplomatique 

Cette crise a commencé à s’atténuer en juin 2026, parallèlement à la visite à Londres de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. Après la publication du bilan budgétaire officiel, le Royaume-Uni a décidé de compléter son investissement initial de 2 milliards de livres sterling (environ 2,3 milliards d’euros) par une somme supplémentaire de 6 milliards de livres sterling (environ 7 milliards d’euros).

Si le trio de base reste au centre de l’attention, d’autres nations ont manifesté leur intérêt pour le programme. Le Canada a rejoint le projet en tant qu’observateur début 2026, et l’Allemagne a envisagé le GCAP comme une alternative potentielle à son propre projet FCAS, en difficulté. L’Arabie saoudite a également exprimé son intérêt, bien que cela soulève des complexités liées aux lois japonaises sur l’exportation et aux protocoles de sécurité. Le Japon reste catégorique : aucun nouveau partenaire ne doit être admis s’il menace la date de livraison fixée à 2035.

(at)

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