Principaux renseignements
- Les partis de la coalition belge s’affrontent au sujet d’un projet d’« impôt sur la fortune » destiné à financer des coupes budgétaires.
- Les partisans de cette mesure proposent des prélèvements progressifs ou forfaitaires sur le patrimoine afin de lever jusqu’à 2 milliards d’euros par an.
- Bien que ce système bénéficie d’un large soutien de la part du public, il y a peu de chances qu’il soit effectivement mis en place.
Alors que la Belgique est confrontée à des réductions budgétaires indispensables, un débat s’est ouvert au sein du gouvernement fédéral concernant la mise en place d’un impôt sur la fortune destiné à générer de nouvelles recettes. Les centristes francophones de « Les Engagés » et les socialistes néerlandophones de « Vooruit » défendent tous deux un « impôt sur les millionnaires » afin de garantir une répartition plus équitable des sacrifices financiers au sein de la population.
Yves Verougstraete, chef de file de « Les Engagés », a fait valoir que les plus fortunés devraient contribuer davantage, tout en suggérant que les chefs d’entreprise en activité pourraient bénéficier d’exonérations ou de plafonds spécifiques.
Cadres proposés
Les deux partis ont présenté des cadres différents pour ce prélèvement. Les Engagés proposent de cibler les particuliers disposant d’un patrimoine supérieur à 500 000 euros (hors résidence principale), en utilisant un système progressif allant de 0,15 pour cent à 0,60 pour cent en fonction de la fortune totale. Ce projet pourrait potentiellement rapporter 2 milliards d’euros par an.
À l’inverse, Vooruit propose un impôt forfaitaire de 0,3 pour cent sur les actifs financiers supérieurs à 1 million d’euros, ce qui, selon ses estimations, générerait environ 1 milliard d’euros par an. Alors que les précédentes tentatives de Vooruit pour introduire cette idée n’ont rencontré que peu de succès, le parti s’aligne désormais sur la vision similaire proposée par Les Engagés.
Opposition politique au sein de la coalition
Malgré ce rapprochement, la proposition se heurte à une forte opposition de la part d’autres partenaires de la coalition. Les nationalistes flamands (N-VA), les libéraux francophones (MR) et les démocrates-chrétiens flamands (cd&v) s’opposent fermement à cette mesure. Ayant déjà accepté à contrecœur un impôt sur les plus-values, le chef du MR, Georges-Louis Bouchez, a exprimé sa vive désapprobation, remettant en cause l’hypothèse selon laquelle toute personne possédant 500 000 € serait automatiquement suffisamment riche pour justifier une imposition supplémentaire.
Soutien de l’opinion publique en faveur de l’imposition de la fortune
L’opinion publique penche toutefois largement en faveur de cet impôt. Un sondage réalisé mi-juin par le Grand Baromètre d’Ipsos a révélé que 76 pour cent des Belges soutiennent l’imposition des citoyens les plus riches comme solution principale aux difficultés économiques du pays. Ce soutien transcende les clivages politiques, une part importante des électeurs de droite partageant l’avis des partisans de gauche.
Néanmoins, la probabilité que cet impôt soit adopté reste faible, étant donné que seuls deux des cinq partis de la coalition y sont favorables. L’urgence budgétaire du gouvernement sera précisée davantage le 6 juillet avec la publication du rapport de la Commission de suivi, même si l’on s’attend généralement à ce que la Belgique doive réaliser environ 10 milliards d’euros d’économies pour stabiliser son budget. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

