Principaux renseignements
- Les États-Unis développent leur première nouvelle ogive nucléaire depuis quarante ans.
- Les missiles Trident II modernisés équiperont les sous-marins de nouvelle génération Columbia et Dreadnought.
- Les dépenses nucléaires américaines dépassent désormais largement les budgets combinés de toutes les autres puissances nucléaires.
Pour la première fois depuis environ quatre décennies, les États-Unis développent une toute nouvelle ogive nucléaire. Ce projet, connu sous le nom de W93/Mk7, est le fruit d’une collaboration entre l’Administration nationale de la sécurité nucléaire et la Marine. L’objectif principal est de remplacer le matériel obsolète de l’arsenal actuel et d’assurer la compatibilité avec les futurs sous-marins de classe Columbia, qui remplaceront l’ancienne flotte de classe Ohio.
Modernisation du missile Trident II
Parallèlement à cette nouvelle ogive, les États-Unis développent le missile Trident II D5 Life Extension 2 (D5LE2). Bien que le Trident II D5 d’origine soit resté une référence en matière de fiabilité depuis 1990, le vieillissement des composants et les nouvelles menaces pour la sécurité rendent nécessaires de nouvelles mises à niveau.
Le D5LE2 utilisera une architecture hybride, associant une technologie de propulsion éprouvée à des systèmes de guidage et d’avionique modernisés. Ce programme est passé à la phase de fabrication et d’ingénierie en 2025, son déploiement étant prévu d’ici l’exercice fiscal 2039.
Triade nucléaire
Cette refonte stratégique dépasse les frontières américaines, puisque les sous-marins britanniques de classe Dreadnought bénéficieront également de ces avancées grâce à un partenariat à long terme entre les deux alliés.
Ces mises à niveau navales s’inscrivent dans le cadre d’une modernisation globale de l’ensemble de la triade nucléaire américaine, qui comprend des bombardiers stratégiques et des missiles terrestres. En raison de leur furtivité et de leur autonomie, les sous-marins sont considérés comme l’élément le plus résilient de ce système de dissuasion.
Dépenses nucléaires
Pour soutenir ces transitions, les États-Unis développent leur base industrielle. Suite à la mise en service complète d’un site d’essais terrestre fin 2024, le gouvernement renforce ses capacités de production dans les États de Washington, de Géorgie et de Floride. Par ailleurs, la Marine se dote d’armements de haute technologie, tels que le missile de croisière SLCM-N et le système hypersonique « Conventional Prompt Strike ».
Sur le plan financier, les États-Unis sont en tête des dépenses nucléaires mondiales, ayant récemment augmenté leur budget de 22 pour cent pour atteindre 69,2 milliards de dollars (60 milliards d’euros), une somme supérieure aux dépenses combinées de toutes les autres nations dotées de capacités nucléaires. Au total, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont consacré 89,5 milliards de dollars à leurs arsenaux, le Royaume-Uni et la France ayant augmenté leurs budgets respectivement de 17 pour cent et 8 pour cent. Ce total représente près de dix fois les 9,5 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros) dépensés par la Russie, dont les ressources militaires ont été en grande partie réorientées vers le conflit en Ukraine. (fc)
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