Principaux renseignements
- BNP Paribas Fortis a abaissé ses prévisions de croissance pour la Belgique en 2026 à 0,7 pour cent.
- L’IA sera le moteur des gains de productivité à long terme et de la résilience économique.
- Le sous-investissement chronique dans le secteur minier déclenche un marché haussier historique pour les matières premières.
BNP Paribas Fortis a révisé ses perspectives économiques pour la Belgique, en abaissant ses prévisions de croissance pour 2026. Selon l’économiste en chef Koen De Leus et le stratège en chef Philippe Gijsels, la persistance de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt continuent de freiner l’expansion économique.
Si la réouverture du détroit d’Ormuz a fait baisser les prix du pétrole, les pressions inflationnistes persistent. De Leus souligne la hausse des coûts dans le secteur de la construction et le prix élevé des engrais, qui devraient entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires dans les mois à venir.
Préoccupations budgétaires
La banque table désormais sur une croissance économique belge de 0,7 pour cent, soit une baisse significative par rapport aux 1,1 pour cent prévus plus tôt cette année. L’inflation moyenne devrait s’établir à 3,5 pour cent pour la Belgique et à 3 pour cent pour l’ensemble de la zone euro.
Par ailleurs, De Leus souligne que la situation financière de la Belgique est précaire en raison de graves problèmes d’endettement et budgétaires, ce qui place le pays parmi les moins performants d’Europe, aux côtés de la France.
Politique monétaire
En matière de politique monétaire, la banque prévoit que la Banque centrale européenne procédera à une nouvelle hausse des taux pour les porter à 2,5 pour cent d’ici fin 2026, tandis que la Réserve fédérale américaine pourrait faire grimper les taux à 4,5 pour cent d’ici 2027.
Rôle de l’IA
Malgré ces défis, l’intelligence artificielle est considérée comme un moteur essentiel de la résilience. De Leus affirme que les gains de productivité générés par l’IA l’emporteront sur les facteurs négatifs tels que le vieillissement de la population et les droits de douane américains sur les importations.
Les États-Unis sont bien placés pour tirer le meilleur parti de cette révolution grâce à leur économie axée sur les services, à une législation du travail flexible et à la présence d’acteurs technologiques de premier plan, ce qui pourrait ajouter 6 points de pourcentage à leur PIB d’ici 2034.
Si l’IA peut entraîner une inflation à court terme en raison du coût élevé de l’électricité et des matières premières pour les centres de données, son impact à long terme sur l’emploi devrait être équilibré ; bien que certains postes disparaissent, de nouvelles opportunités émergeront à mesure que les biens et services deviendront moins chers.
Matières premières
En ce qui concerne les marchés financiers, Philippe Gijsels maintient des perspectives positives à long terme, en particulier pour les matières premières et les métaux précieux. Bien que l’or ait récemment connu des difficultés en raison de la hausse rapide des prix et de la remontée des taux d’intérêt, Gijsels estime qu’un marché haussier historique pour les matières premières est toujours en cours.
Il note que trois décennies de sous-investissement dans le secteur minier, associées aux exigences de la transition énergétique, ont créé un déficit d’offre. La pénurie d’ingénieurs miniers et les longs délais nécessaires à l’ouverture de nouvelles mines limitent encore davantage l’offre.
Minéraux critiques
Sur le plan stratégique, la volonté de l’Occident de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine a rendu indispensables les minéraux critiques et les éléments de terres rares. Gijsels prévoit une forte pénurie de cuivre à partir de 2027, alimentée par les besoins massifs en câblage électrique et en centres de données.
(at)
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