Le nouveau porte-avions français « France Libre » devrait entrer en service en 2038


Principaux renseignements

  • La France mettra en service le porte-avions nucléaire « France Libre » vers 2038.
  • Ce navire, dont la masse est deux fois supérieure à celle de son prédécesseur, permettra des opérations aériennes simultanées.
  • La technologie américaine de lancement électromagnétique équipera une escadre aérienne modernisée et intégrant des drones.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé que le futur porte-avions nucléaire français s’appellera « France Libre ». Ce nom rend hommage au Mouvement de la France libre dirigé par Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale. Il symbolise la résistance et la souveraineté nationale.

Le navire doit entrer en service vers 2038. Il succédera au Charles de Gaulle, le seul porte-avions français depuis 2001.

Taille et capacités accrues

En termes de taille, le « France Libre » aura une masse presque deux fois supérieure à celle de son prédécesseur. Elle passera de 42 000 à 80 000 tonnes. Le déplacement accru sera assuré par deux réacteurs K-22, qui entraîneront trois arbres. Grâce à cela, le navire disposera d’un pont d’envol nettement agrandi.

De plus, une amélioration opérationnelle majeure réside dans la capacité à lancer et récupérer des avions simultanément. Le porte-avions actuel ne possède pas cette fonctionnalité. Par conséquent, le navire pourra maintenir un rythme opérationnel élevé. Il pourra potentiellement effectuer jusqu’à 60 sorties par jour.

Intégration de technologies américaines

Pour atteindre ces objectifs de performance, la Marine nationale intègre des technologies américaines dans le cadre d’un contrat de vente militaire à l’étranger (Foreign Military Sales) conclu avec General Atomics. Le navire sera équipé du système d’arrêt avancé (Advanced Arresting Gear, AAG) et du système de lancement électromagnétique d’aéronefs (Electromagnetic Aircraft Launch System, EMALS), tous deux actuellement utilisés sur les superporte-avions de la classe Gerald R. Ford de la Marine américaine.

 Escadre aérienne modernisée

L’escadre aérienne du navire sera composée d’environ 30 avions de combat, principalement des chasseurs Rafale F5 conçus pour fonctionner en synergie avec des drones. La flotte comprendra également six hélicoptères NH90 Caïman et trois avions de surveillance Northrop Grumman E-3D Advanced Hawkeye.

Bien que la France ne dispose pas actuellement de chasseurs furtifs – en partie en raison de l’échec d’un projet conjoint avec l’Allemagne concernant les spécifications des porte-avions – , le nouveau navire est conçu pour pouvoir accueillir à terme des appareils de cinquième ou sixième génération.

Justification stratégique et financière

La décision de construire un seul navire de grande taille plutôt qu’une flotte de porte-avions plus petits relève d’un choix stratégique et financier délibéré. En concentrant ses ressources sur une seule plateforme hautement avancée, la France évite les coûts prohibitifs liés à l’entretien de plusieurs porte-avions, ce qui permet de réaffecter des fonds aux sous-marins et à la dissuasion nucléaire.

Cette approche reflète une doctrine navale axée sur la projection de la puissance souveraine et les capacités de haut niveau plutôt que sur la présence mondiale continue maintenue par les États-Unis.

(rd) (at)

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