L’UE utilise l’IA générative pour évaluer les demandes d’adhésion des États membres


Principaux renseignements

  • La Commission européenne a déployé un outil d’IA propriétaire pour évaluer la conformité juridique des États membres.
  • L’instabilité géopolitique a accéléré les demandes d’adhésion et submergé le personnel existant.
  • Les pays candidats avertissent que les examens juridiques automatisés pourraient entraîner des erreurs critiques.

Pour faire face à la pression croissante liée à l’élargissement de l’Union, la Commission européenne a intégré l’intelligence artificielle dans son processus opérationnel. C’est ce que rapporte Politico.

Outil interne GPT@EC

Plus précisément, la Direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental (DG ENEST) utilise un système d’IA générative propriétaire, baptisé GPT@EC, pour évaluer si les cadres juridiques des pays candidats à l’adhésion sont conformes aux normes de l’Union européenne.

Cet outil interne a été développé en 2024 afin de doter le personnel de capacités d’IA tout en évitant les risques liés à la sécurité et à la confidentialité des données associés aux plateformes américaines externes telles que Claude ou ChatGPT.

De nombreux pays candidats à l’adhésion

La nécessité d’une telle technologie découle d’une vague de demandes d’adhésion qui a submergé le personnel de la Commission. L’instabilité géopolitique, en particulier le conflit en Ukraine et les tensions politiques impliquant les États-Unis et le Groenland, a accéléré la volonté de divers pays de rejoindre l’Union.

Les progrès récents sont évidents. La Moldavie et l’Ukraine ont entamé la phase préliminaire de l’adhésion, et le Monténégro a mené à bien un nombre important des chapitres requis. Par ailleurs, l’Albanie continue d’avancer, tandis que d’autres candidats — notamment la Géorgie, le Kosovo, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie — connaissent des degrés variables de stagnation. L’Islande envisage également de renouveler sa candidature à l’issue d’un référendum à venir.

Inquiétudes concernant l’examen juridique automatisé

L’ampleur de l’activité récente est immense ; la commissaire Marta Kos a noté que les progrès réalisés au cours de la dernière année et demie ont surpassé les acquis des quinze années précédentes. Cependant, ce rythme rapide a suscité des inquiétudes parmi les pays candidats.

Les représentants de ces pays ont mis en garde contre l’utilisation de l’IA pour des évaluations juridiques complexes, suggérant de la limiter aux tâches de base et à la traduction. Ils font valoir que le recours à des systèmes automatisés pour des évaluations complexes pourrait entraîner des erreurs critiques.

Alors que le GPT@EC est en cours de déploiement dans divers services de la Commission, l’UE maintient des limites strictes concernant cette technologie. Afin de garantir l’authenticité et l’exactitude, les trois principales institutions européennes ont interdit l’utilisation d’images et de vidéos générées par l’IA dans tout contexte officiel. (fc)

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