Principaux renseignements
- Un statut socio-économique plus faible est directement corrélé à des taux de mortalité et de maladies chroniques plus élevés.
- Les obstacles financiers obligent les patients vulnérables à reporter des traitements médicaux essentiels.
- Des réformes systémiques doivent supprimer les frais à la charge du patient afin de garantir un accès équitable aux soins de santé.
Une analyse récente menée par la Mutualité chrétienne (MC), qui a examiné les données de 4 millions d’adhérents représentatifs de l’ensemble de la population belge, révèle une augmentation inquiétante des inégalités en matière de santé.
Les résultats indiquent une corrélation directe entre un statut socio-économique plus faible et des résultats de santé moins bons, créant ainsi un paradoxe où ceux qui ont les besoins médicaux les plus importants sont confrontés aux obstacles les plus importants pour accéder aux soins. Luc Van Gorp, président de la MC, souligne que le système actuel ne parvient pas à protéger les citoyens les plus vulnérables, une tendance à laquelle il faut remédier.
Les inégalités de richesse en matière de santé publique
Les données mettent en évidence un fossé criant en matière de santé publique lié à la richesse. Dans les quartiers défavorisés, le taux de mortalité est supérieur de 51 pour cent à celui des quartiers aisés. Les maladies chroniques sont également surreprésentées ; par exemple, le diabète est deux fois plus fréquent dans les quartiers les plus pauvres (10,8 pour cent) que dans les plus riches (5,4 pour cent).
Cette disparité est exacerbée par la tendance des personnes à faibles revenus à reporter les traitements nécessaires, ce qui entraîne des maladies plus graves et un recours accru aux services d’urgence lorsqu’elles finissent par demander de l’aide.
Les lacunes du système de santé
Les charges financières pèsent beaucoup plus lourdement sur les plus démunis. Malgré les filets de sécurité existants, les personnes appartenant à la tranche de revenus la plus basse consacrent 8 pour cent de leurs revenus aux soins de santé – soit six fois plus que les citoyens les plus aisés.
L’étude identifie plusieurs défaillances du système de « facture maximale » , soulignant qu’il oblige les patients à payer d’avance avant d’être remboursés, qu’il exclut les frais supplémentaires et qu’il maintient des seuils qui restent trop élevés pour de nombreux ménages en difficulté.
De plus, environ 30 pour cent des personnes à faibles revenus éligibles ne bénéficient pas du statut de remboursement majoré, ce qui suggère un écart important dans la mise en œuvre administrative.
Obstacles structurels
Selon Van Gorp, ces inégalités ne résultent pas de choix individuels, mais sont causées par une combinaison d’obstacles financiers, organisationnels et administratifs. Il fait valoir que le système de santé actuel manque de solidarité et que les mécanismes de protection sont souvent trop limités ou ne se déclenchent que trop tard.
Réformes proposées
Pour lutter contre ces problèmes systémiques, la MC propose plusieurs réformes. Celles-ci comprennent l’extension du système de paiement par un tiers, le renforcement du réseau de centres médicaux et la restructuration du système de facturation maximale afin d’éliminer les frais à la charge du patient dès qu’un seuil est atteint.
En outre, le fonds plaide en faveur d’une stratégie de santé publique qui tienne compte des inégalités sociales, arguant qu’une approche uniforme est inefficace. Au contraire, les politiques et la prestation de services doivent être adaptées aux besoins individuels, en donnant la priorité aux populations les plus marginalisées.
(at)(fc)
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