Principaux renseignements
- L’UE a lancé les premières négociations d’adhésion avec la Moldavie et l’Ukraine.
- La Hongrie a levé son veto de longue date après l’arrivée au pouvoir d’un nouveau dirigeant, Péter Magyar.
- Ces deux pays doivent mettre en œuvre des réformes en profondeur pour satisfaire aux critères d’adhésion stricts.
L’Union européenne a entamé la phase préliminaire des négociations d’adhésion avec la Moldavie et l’Ukraine, marquant ainsi une avancée décisive dans leur quête d’adhésion au bloc. Lors d’une réunion intergouvernementale qui s’est tenue le 15 juin à Luxembourg, les 27 pays de l’UE sont parvenus à un accord unanime pour activer le « volet fondamental ».
Des défis sans précédent
Cette phase initiale se concentre sur des domaines essentiels tels que la réforme de l’administration publique, la stabilité démocratique, les normes juridiques et les exigences économiques. En raison du caractère essentiel de ces réformes, ce volet est généralement le premier à être ouvert et le dernier à être finalisé dans tout processus d’adhésion.
Ce processus diplomatique est tout à fait unique dans l’histoire de l’Union européenne, car l’Union tente d’intégrer un pays actuellement en proie à une invasion à grande échelle et un État voisin fortement affecté par l’instabilité environnante. La Moldavie, qui partage une frontière avec l’Ukraine, est confrontée à des ingérences russes constantes, notamment des violations de son espace aérien et des pressions liées à l’énergie.
Fin du droit de veto de la Hongrie
Cette avancée a été facilitée par un changement de direction en Hongrie. Après seize ans au pouvoir, Viktor Orbán a été remplacé en avril par Péter Magyar, du parti de centre-droit Tisza. Le Premier ministre Magyar a levé le veto de longue date après avoir conclu un accord avec Kiev concernant la protection culturelle, politique et linguistique d’environ 100 000 personnes d’origine hongroise résidant dans la région de Zakarpattia.
Malgré ces progrès, le gouvernement hongrois reste prudent quant au rythme du processus. Magyar a indiqué qu’un référendum contraignant serait organisé si l’Ukraine parvenait à boucler les 33 chapitres de négociation au cours des 10 à 15 prochaines années.
Prochaines étapes
Pour l’avenir, la commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, a fait part de son intention d’ouvrir les cinq chapitres thématiques restants d’ici juillet. Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’UE, a qualifié cet événement de réussite majeure, soulignant que la résilience des deux nations dans la mise en œuvre de réformes difficiles sous pression profiterait en fin de compte à l’Europe.
« Une étape importante pour l’unité européenne »
Taras Kachka, vice-Premier ministre ukrainien, a qualifié cette avancée de concrétisation d’une ambition nationale, soulignant que l’unité est essentielle face à l’agression persistante de la Russie.
Chypre, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE, a salué cette initiative comme un moment historique de son mandat. Les deux nations avaient sollicité ensemble leur adhésion en 2022, peu après le début de l’invasion russe, et s’étaient vu accorder le statut de pays candidats plus tard dans l’année.
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