Principaux renseignements
- Les assureurs belges résilient des milliers de contrats pour compenser la flambée des honoraires des experts juridiques.
- L’augmentation du nombre de litiges et la hausse des coûts pèsent lourdement sur la rentabilité du secteur.
- Les leaders du marché appliquent désormais des critères de sélection plus stricts pour garantir leur stabilité financière.
En raison de l’escalade des coûts liés aux experts juridiques et aux avocats, les assureurs belges résilient des milliers de polices d’assistance juridique. Cette tendance est particulièrement marquée chez DAS, le leader du marché national, qui procède également à des hausses de tarifs. Dans un entretien accordé à De Tijd, le PDG Xavier de Launois fait remarquer que certains assurés considèrent à tort leur assurance comme un abonnement illimité à des services juridiques.
Croissance rapide du marché
Le secteur de l’assistance juridique a connu une croissance significative ces dernières années, le montant total des primes atteignant 832 millions d’euros l’année dernière, soit une augmentation de 7,8 pour cent. Cela en fait le segment de l’assurance non-vie qui connaît la croissance la plus rapide. À elle seule, la DAS gère plus de 590 000 contrats, ce qui représente environ 20 pour cent du marché total.
Une forte volatilité dans le secteur
Cependant, le secteur est actuellement confronté à une certaine volatilité. La décision du gouvernement de supprimer les avantages fiscaux liés à certaines polices a incité de nombreux clients à résilier leur contrat ou à rechercher des alternatives.
Parallèlement, les assureurs résilient de manière proactive des contrats afin de compenser la hausse des frais liés aux professionnels du droit. Si AG Insurance a également fait état de résiliations de polices, l’impact est le plus sévère chez DAS ; la société a résilié environ 4 000 contrats en 2025 et en comptait déjà 4 700 en mai de cette année.
Hausse des coûts
M. De Launois explique ces résiliations comme une mesure corrective faisant suite à une période de critères de sélection peu stricts. Il souligne qu’avec des frais juridiques augmentant de 10 pour cent à 15 pour cent par an — dépassant l’inflation générale —, la société doit se montrer plus sélective pour maintenir des primes abordables.
Il observe que la société est devenue plus procédurière depuis la pandémie, les gens préférant les procédures judiciaires à la communication directe. Cette évolution se traduit par un doublement du nombre de recours au cours des cinq dernières années.
Autres points de vue du secteur
D’autres acteurs du secteur offrent des perspectives différentes. Erik Vanpoucke, PDG d’Euromex, estime que les hausses des honoraires d’avocat sont plus modérées, de l’ordre de 5 à 6 pour cent, mais met en garde contre le fait que les experts en bâtiment, une profession non réglementée dans notre pays, facturent souvent des honoraires exorbitants.
Euromex affirme pouvoir faire face à la pression du marché grâce à un taux très élevé de règlements à l’amiable, une stratégie sur laquelle mise également DAS, tout comme sur la prévention, entre autres. Aurélie Neufkens, qui dirige Legal Village, le prestataire d’assistance juridique d’AXA Belgique, explique que la société compense dans un premier temps la hausse des coûts par « une gestion plus efficace des sinistres, la poursuite de la numérisation et un suivi plus rigoureux des frais de dossier ».
Baisse de la rentabilité
La rentabilité globale du marché belge de l’aide juridique est en baisse, le ratio combiné – le total des coûts et des pertes subies, exprimé en pourcentage des recettes – approchant les 100 pour cent. DAS a enregistré une perte nette significative de 24 millions d’euros l’année dernière, en partie due à l’augmentation des réserves, un facteur qui a contribué à la hausse du volume des polices résiliées.
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