Principaux renseignements
- La Turquie vise la neutralité carbone d’ici 2053 grâce à un développement massif de l’éolien et du solaire.
- Le cadre YEKA accélère la croissance du réseau grâce à des enchères stratégiques et des incitations pour les investisseurs.
- La production locale fournit désormais plus de 60 pour cent des composants des éoliennes afin de garantir l’autonomie énergétique.
Afin de réduire sa dépendance aux combustibles importés et de stimuler la production d’énergie verte, la Turquie s’est engagée à accélérer le développement de son secteur éolien, rapporte Daily Sabah.
Depuis 2002, le pays a connu une croissance spectaculaire de l’énergie éolienne, passant d’une puissance négligeable de 19 MW à 15 075 MW en avril, ce qui représente désormais 12 pour cent de la capacité électrique totale du pays. Cette initiative s’inscrit dans un objectif stratégique plus large visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2053.
Investissements dans les énergies renouvelables
Pour répondre aux besoins croissants en électricité, l’État a intensifié ses achats d’énergie renouvelable. En 2025, environ 4,8 milliards d’euros ont été investis dans 7 110 nouveaux sites de production, ajoutant 8 313 MW au réseau. Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a indiqué que l’énergie solaire contribuait à hauteur de 6 063 MW à ce total, tandis que l’énergie éolienne fournissait 1 946 MW.
L’augmentation de la capacité est principalement tirée par le système des zones de ressources en énergies renouvelables (YEKA). Ce cadre, mis en place en 2016 pour rationaliser l’utilisation des terres et promouvoir les technologies locales, facilite désormais des enchères annuelles pour au moins 2 000 MW.
Entre 2024 et 2025, 3 800 MW ont été attribués dans le cadre d’un modèle actualisé qui offre des exonérations de frais de transport et une procédure d’autorisation simplifiée afin d’attirer davantage d’investisseurs. Pour l’année en cours, le gouvernement a l’intention de mettre en adjudication plus de 2 000 MW, dont 1 500 MW spécifiquement destinés à l’énergie éolienne.
L’éolien offshore
La Turquie se développe également dans le secteur maritime en ciblant l’énergie éolienne offshore. Des zones potentielles ont été identifiées près d’Edremit et du golfe de Saros, ainsi qu’autour des îles de Bozcaada et Gökçeada. La première enchère YEKA offshore débutera une fois que les autorisations réglementaires nécessaires auront été finalisées.
Objectifs de capacité futurs
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a déclaré que le gouvernement visait une capacité totale d’énergie solaire et éolienne de 120 000 MW d’ici 2035, dont 5 000 MW provenant d’installations offshore. Il a souligné qu’avec un potentiel éolien total de 140 000 MW, l’exploitation de cette ressource était vitale pour l’autonomie énergétique nationale.
Stimuler la production technologique nationale
Parallèlement à la croissance des capacités, le gouvernement donne la priorité à la production nationale de matériel énergétique. Le ministre Bayraktar a révélé que plus de 60 pour cent des composants des éoliennes sont désormais fabriqués localement, la production de pales, de générateurs et de tours dépassant 70 pour cent.
Cette évolution marque la transition de la Turquie d’un simple consommateur d’énergie à un développeur technologique et exportateur de composants renouvelables.
(at)
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