Le candidat à la présidence française Gabriel Attal souhaite que les auteurs d’abus sur mineurs soient traités comme des terroristes à la suite de l’affaire Lyhanna


Principaux renseignements

  • Les candidats à l’élection présidentielle française sont en pleine campagne.
  • Dans une interview avec Le Figaro, le candidat à la présidence Gabriel Attal (Renaissance) parle de l’affaire Lyhanna et du système judiciaire français.
  • Il pense que des réformes claires doivent avoir lieu, comme assimiler les pédophiles aux terroristes.

Tous les candidats à l’élection présidentielle française sont en pleine campagne. L’ancien Premier ministre et candidat à la présidence Gabriel Attal (Renaissance) a une opinion claire sur les abuseurs d’enfants à la suite de la mort de Lyhanna. Il l’a déclaré dans une interview avec Le Figaro.

Critique de la justice

La mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc. La justice est montrée du doigt par des manifestations massives. Selon Attal, le pouvoir politique ne peut pas échapper à ses responsabilités. « L’État a failli dans cette affaire. La principale responsabilité de l’État est de protéger les Français, en particulier les plus vulnérables d’entre eux, les enfants », dit-il.

Selon lui, ce meurtre aurait pu être évité si la justice avait bien fonctionné. « Bien sûr, tout le monde qui a porté des responsabilités doit. » Je suis également l’un d’eux, me demander ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait au cours des dernières années, afin que la justice puisse accomplir sa tâche. Dans cette affaire, quelqu’un doit payer. Les Français ont le droit de savoir ce qui s’est passé. Car nos enfants sont sacrés. » Il ne croit pas que la démission de l’actuel ministre de la Justice, Gérald Darmanin, va aider à des réformes.

Une commission d’enquête sur l’affaire Lyhanna

Attal trouve évident qu’une commission d’enquête doit être mise en place sur la mort de Lyhanna. « Car la vérité doit être révélée, et nous devons en tirer toutes les conséquences. Les politiciens ont une responsabilité historique de tout changer », dit-il. Nous n’avons plus le choix. Le renforcement des moyens de la justice en France ces dernières années a été utile. Le ministère était, selon la dernière garde des Sceaux de François Hollande, en 2016 sur le chemin de la « mendicité ».

Depuis, le budget a augmenté de plus de 50 pour cent. Nous avons recruté 3 000 juges et greffiers supplémentaires. Ce n’est évidemment pas suffisant. Il y a toujours un problème de ressources dans le système judiciaire. En revanche, il a échoué à une véritable réforme de notre système judiciaire. Nous voyons à travers cette affaire, mais pas seulement celle-ci, que l’augmentation de la violence nous oblige à réfléchir à une nouvelle jurisprudence. »

En ce qui concerne l’augmentation des moyens, le président de la République et le ministre de la Justice disent que ce n’est pas le bon débat à avoir. « L’enquête administrative montrera où se situent les erreurs et les responsabilités. Le problème ne découle pas seulement de la question des ressources, mais nous ne pouvons pas balayer ce problème d’un revers de la main. Je propose un objectif de 3 000 nouvelles nominations de juges et de greffiers, qui doivent commencer à partir de 2027. »

Peines pour les abuseurs d’enfants

En dehors de la réorganisation, Attal veut également envoyer un signal clair pour une nouvelle politique pénale. « Les peines doivent être alourdies. Il n’y a pas de « en même temps possible en matière de sécurité et de justice. Je souhaite donc la prescription pour les crimes contre les mineurs. Je pense en outre qu’il faut des circulaires pénales plus claires et plus strictes : pour les crimes commis sur des mineurs, le procureur doit demander systématiquement la prison. Beaucoup de Français ont été choqués que le parquet n’ait pas requis de peine de prison lors d’un récent procès dans l’affaire de pédocriminalité dans les centres de loisirs de Paris. C’est incompréhensible pour tout citoyen. »

Bruno Retailleau, sénateur français, veut lui-même introduire la castration chimique. Mais pour Atall, ce n’est pas vraiment une solution. « Je suis pragmatique et ce qui m’intéresse, c’est l’efficacité. Je n’ai pas encore entendu d’experts appeler à une généralisation de cette mesure, qui est aujourd’hui possible sur la base du volontariat. Mais il est certain que nous avons en France trop peu de mesures contraignantes pour les pédocriminels sortant de prison. » Il renvoie pour le reste au Royaume-Uni. Là-bas, le gouvernement a mis en place une politique interdisant les contacts non contrôlés avec les mineurs, limitant l’utilisation d’Internet, imposant des obligations de signalement des appareils électroniques et des restrictions de voyage. « Ça doit nous inspirer », dit-il.

Crimes contre les mineurs

Au sein de la justice française, il y a un grand nombre de procès concernant les abus sur enfants. Attal veut une culture de l’urgence au sein du système judiciaire. Chaque fois qu’une plainte est déposée pour une agression sexuelle ou un viol d’un mineur, il veut qu’une action soit entreprise dans les 48 heures et que l’enquête soit terminée dans les trois mois.

« Nous devons traiter les pédocriminels de la même manière que les terroristes. En ce qui concerne le terrorisme, il existe toute une chaîne pénale organisée. Cela signifie qu’il doit y avoir un procureur national qui se concentre sur les abus sexuels sur les enfants. » Selon lui, il faut également créer un service de renseignement pour les abus sur enfants. Cela permettra de suivre beaucoup mieux les délinquants sexuels présumés, de prendre parfois des mesures administratives très rapides, et de repérer les réseaux. Enfin, il croit que les pédocriminels doivent être enregistrés, selon le modèle des enregistrements S.

Les enfants comme angle mort dans la politique

Ces derniers jours, il a vu des responsables de droite et d’extrême droite insister sur la sanction et la sévérité des peines, ce qui est évidemment important, mais sans parler du problème systémique et culturel des attaques contre les enfants et les femmes. Il existe en France une culture du viol dont nous ne sommes pas sortis. À gauche et à l’extrême gauche, il a beaucoup entendu parler d’éducation, de formation et de protection de l’enfance, à juste titre, mais sans aborder suffisamment la question des sanctions.

Selon lui, la politique doit agir sur les deux fronts. Il est en faveur de la loi intégrale soutenue par des députés de différents partis, y compris son propre parti Renaissance. « Quand j’étais ministre de l’Éducation, je me suis engagé pour l’empathie, la connaissance et le respect de son propre corps et de celui des autres. L’apprentissage de l’intégrité du corps commence dès l’école maternelle. Un enfant qui n’apprend pas que son corps lui appartient ne sera pas capable de signaler des attouchements ou des viols. Avec l’affaire de Lyhanna, nous assistons à un réveil de la société. »

Message en vue des élections

Attal a un message clair pour les élections présidentielles de 2027. « Nous devons restaurer la confiance entre les Français et leur justice pour protéger l’État de droit. Le sujet des abus sur enfants me tient à cœur depuis longtemps. En tant que Premier ministre, j’ai fait de l’autorité un pilier de ma politique. Il y a un an, en mai 2025, j’avais présenté 82 propositions sur des questions de sécurité, d’immigration et de justice, avec déjà un fort accent sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des enfants. »

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