Principaux renseignements
- Il s’avère que, en moyenne, les enseignants flamands ne subissent pas de retard salarial par rapport au secteur privé.
- L’ensemble des avantages salariaux (sécurité de l’emploi, retraite et jours de congé supplémentaires) compense largement l’absence de primes, de voitures de fonction et d’autres avantages supplémentaires.
- Le véritable écart salarial concerne les chefs d’établissement, qui gagnent près de 25 pour cent de moins que leurs homologues occupant des fonctions comparables dans le secteur privé.
Un rapport gouvernemental confidentiel commandé par la ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir (N-VA), remet en question l’idée reçue selon laquelle les enseignants sont sous-payés. Réalisée par le cabinet de ressources humaines Hudson, cette étude a comparé les rémunérations globales des professionnels de l’enseignement à celles du secteur privé. Bien que la ministre Demir ait gardé ces conclusions secrètes afin de ne pas perturber les négociations en cours sur un nouveau pacte de carrière, le journal HLN.be a récemment eu accès à ces documents.
L’analyse offre une vue d’ensemble exhaustive en prenant en compte non seulement les salaires de base, mais aussi l’ensemble des avantages financiers. Pour les employés du secteur privé, cela comprenait les primes, les voitures de fonction et les pensions complémentaires. Pour les enseignants, les chercheurs ont pris en compte la titularisation, les jours de congé supplémentaires, les pensions de fonctionnaire et les indemnités Internet.
Salaire conforme au marché
Les résultats indiquent que la plupart des enseignants flamands perçoivent une rémunération compétitive par rapport au marché. Plus précisément, les enseignants du secondaire titulaires d’un master sont en réalité mieux lotis, gagnant environ 11 pour cent de plus que la moyenne du marché pour des postes comparables dans le secteur privé. L’économiste Kristof De Witte note que cette prime est logique, car il est difficile de retenir des spécialistes hautement qualifiés dans l’enseignement.
Comparaison avec le secteur privé
Le rapport met en évidence un équilibre entre différents types d’avantages. Si les enseignants ne bénéficient pas de chèques-repas, de primes et de voitures de fonction, ces pertes sont compensées par un salaire de base plus élevé et une sécurité de l’emploi supérieure.
Par exemple, la valeur financière de la titularisation est estimée à 5 pour cent de la rémunération totale, ce qui compense effectivement l’absence de primes de performance. De plus, les enseignants bénéficient de près de 30 jours de congés supplémentaires par an et d’une pension d’environ 6,5 pour cent supérieure à celle des employés du secteur privé.
L’écart salarial des dirigeants
Cependant, les données révèlent un contraste frappant pour les chefs d’établissement. Les directeurs d’école sont nettement sous-payés par rapport aux cadres du secteur privé. Dans l’enseignement secondaire, les directeurs gagnent entre 24 et 28 pour cent de moins que le taux du marché.
Les directeurs d’école primaire titulaires d’un master sont confrontés à un déficit similaire d’environ 11 pour cent. Seuls les directeurs d’école primaire titulaires d’une licence perçoivent un salaire conforme au marché.
Repenser la pénurie d’enseignants
En fin de compte, le rapport suggère que la pénurie d’enseignants n’est probablement pas due à des salaires bas. Au contraire, ces conclusions pourraient orienter le débat vers l’organisation du travail des enseignants du secondaire ou vers la nécessité urgente de restructurer la rémunération des cadres afin de garantir la qualité de l’enseignement.
(at)
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