Principaux renseignements
- Le FMI a accepté d’accorder à l’Ukraine une aide financière de près de 700 millions de dollars (605 millions d’euros).
- Kiev a reporté l’adoption d’une loi cruciale sur les taxes à l’importation afin de sortir de l’impasse législative.
- Cette flexibilité stabilise la stratégie globale de financement international de l’Ukraine.
Bien que l’Ukraine n’ait pas satisfait à une condition préalable essentielle, le Fonds monétaire international aurait accepté de verser la prochaine tranche d’un programme de prêts. Des sources proches de Bloomberg, bien informées sur ces négociations confidentielles, indiquent qu’un accord a été conclu au niveau des états-majors, qui permettrait à Kiev de recevoir près de 700 millions de dollars (605 millions d’euros) d’aide financière. Si une annonce officielle pourrait intervenir dès vendredi, cet accord doit encore recevoir le feu vert du conseil d’administration du FMI le mois prochain.
Impasses législatives
Cet accord fait suite à une période de discussions tendues lors d’une récente mission, au cours de laquelle les exigences du FMI se sont heurtées à la réticence du parlement ukrainien à adopter une loi fiscale spécifique.
La législation contestée visait à lutter contre l’économie souterraine en augmentant les taxes sur les marchandises importées. Pour sortir de l’impasse, le FMI a autorisé l’Ukraine à repousser la date limite pour cette loi au mois de juillet, accordant ainsi aux législateurs un délai supplémentaire avant la prochaine évaluation prévue en septembre.
La lutte pour les recettes fiscales
Cette proposition fiscale — qui prévoit l’application d’une taxe sur la valeur ajoutée de 20 pour cent et d’autres frais aux colis étrangers d’une valeur supérieure à 45 euros — s’est heurtée à une forte opposition tant de la part des responsables politiques que du public, qui dépend fortement des achats à l’étranger.
Néanmoins, le conflit en cours a fait grimper le déficit budgétaire de l’Ukraine à deux chiffres, laissant l’État dépendant de l’aide étrangère et désespérément à la recherche de nouvelles sources de recettes fiscales.
Une flexibilité inhabituelle de la part du FMI
Le FMI a fait preuve d’une flexibilité inhabituelle envers Kiev, après avoir déjà reporté une autre échéance prévue en avril concernant la TVA pour les travailleurs indépendants. Bien que ces réformes aient été promises dans le cadre d’un programme de 8,1 milliards de dollars (7 milliards d’euros) mis en place l’année dernière, la résistance du Parlement a entravé à plusieurs reprises leur mise en œuvre.
Malgré ces objectifs manqués, le prêteur a continué à débloquer des fonds dans le cadre d’un programme quadriennal.
Un partenariat historique
Ce soutien actuel est le deuxième programme majeur lancé depuis le début de l’invasion russe, après un programme historique de 15,6 milliards de dollars (13,5 milliards d’euros) en 2023 — une initiative rare, car le FMI évite généralement d’accorder des prêts à des pays en conflit actif.
L’engagement du Fonds a été réaffirmé par la visite de la directrice générale Kristalina Georgieva dans la capitale l’hiver dernier, pendant une période de grave effondrement des infrastructures.
Implications plus larges pour l’aide internationale
Au-delà de l’injection immédiate de liquidités, le soutien du FMI est essentiel car il encourage d’autres bailleurs de fonds internationaux. Par exemple, le programme d’aide de 90 milliards d’euros de l’Union européenne comprend des conditions qui s’alignent sur les mandats du FMI, telles que les taxes à l’importation proposées.
Alors que le premier versement de l’UE est attendu ce mois-ci, la clémence du FMI contribue à stabiliser la stratégie financière globale de l’Ukraine, un sentiment qui se reflète dans la récente hausse des obligations en dollars ukrainiennes à échéance 2034.
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