Désignation américaine de gangs brésiliens comme organisations terroristes menace d’avoir des conséquences économiques


Principaux renseignements

  • La désignation par les États-Unis de gangs brésiliens comme organisations terroristes augmente les charges financières et les risques opérationnels pour les entreprises brésiliennes.
  • Les organisations criminelles ont profondément infiltré des milliards de dollars blanchis dans des secteurs légitimes.
  • Les exigences mondiales de conformité imposent désormais des procédures strictes de conformité et de contrôle afin d’éviter de lourdes sanctions juridiques.

La décision de Washington de classer les principaux groupes criminels brésiliens comme organisations terroristes étrangères (FTO) devrait alourdir les charges financières et les risques opérationnels pour les entreprises opérant dans la région, rapporte Reuters. Ces organisations ayant passé des décennies à infiltrer le marché légitime, cette désignation crée des complications importantes pour l’économie formelle.

Pratiques de blanchiment d’argent

Le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) sont passés, à la fin du XXe siècle, du statut de factions carcérales à celui de vastes réseaux transnationaux. Ils contrôlent désormais une grande partie du trafic de stupéfiants en Amérique du Sud et ont intégré leurs activités de blanchiment d’argent dans divers secteurs.

Des enquêtes récentes indiquent que ces groupes ont infiltré les secteurs de la finance, de l’immobilier et de la distribution de carburant pour blanchir des milliards de dollars de revenus illégaux.

Implications juridiques

Selon le cabinet d’avocats Pinheiro Neto Advogados, le nouveau statut permet aux États-Unis d’appliquer des sanctions sévères, notamment le gel des avoirs et des restrictions bancaires strictes. De plus, les entreprises peuvent faire l’objet de poursuites civiles et d’enquêtes pénales même si leur implication avec les gangs est indirecte.

Rodrigo Caldas de Carvalho Borges, de CBA Advogados, a souligné que ce changement oblige le secteur financier brésilien à gérer ces risques à l’échelle mondiale, ce qui conduira probablement à une diligence raisonnable plus rigoureuse et à des exigences plus strictes de la part des partenaires internationaux.

Une infiltration économique généralisée

L’impact dépasse largement le secteur bancaire, touchant des secteurs tels que l’exploitation minière, l’agroalimentaire, la logistique et les jeux d’argent. L’ampleur de l’infiltration est mise en évidence par les récentes découvertes de la police. Une opération a permis de mettre au jour le transfert d’environ 10,3 milliards de dollars (environ 8,9 milliards d’euros) via des distributeurs de carburant liés au PCC entre 2020 et 2024.

De plus, les enquêteurs ont découvert environ 5 milliards de dollars (environ 4,3 milliards d’euros) blanchis par le biais de fonds d’investissement et d’entreprises de fintech situées dans le principal quartier financier de São Paulo. La relative facilité avec laquelle on peut lancer des start-ups de fintech au Brésil les a rendues particulièrement attrayantes pour dissimuler les profits de la drogue, même si les institutions plus importantes, dotées d’une surveillance rigoureuse, sont peut-être moins vulnérables.

Leçons tirées du Mexique

Un précédent similaire s’est produit au Mexique, où le fait que les États-Unis aient qualifié des trafiquants de terroristes a conduit à la fermeture d’une société de courtage et de deux petites banques. Cependant, comme l’a noté Fitch Ratings, la présence minimale de ces entreprises spécifiques sur le marché, combinée à une action rapide du gouvernement, a permis d’éviter une crise économique plus large.

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