Crise du logement en Espagne : locataires consacrent la moitié de leurs revenus au logement


Principaux renseignements

  • Les locataires espagnols consacrent désormais la moitié de leur revenu brut au logement.
  • La stagnation des salaires ne permet pas de suivre la hausse vertigineuse des loyers.
  • Madrid et Barcelone connaissent les crises d’accessibilité au logement les plus graves.

L’Espagne est actuellement confrontée à une crise croissante de l’accessibilité au logement, les locataires consacrant désormais la moitié de leur revenu brut moyen aux frais de logement. Cela représente une hausse significative par rapport à 2019, où la dépense moyenne était de 38 pour cent, et une légère augmentation par rapport aux 47 pour cent enregistrés en 2024.

Stagnation des salaires

Une étude menée par Fotocasa et InfoJobs révèle un déséquilibre flagrant entre la croissance des revenus et les coûts du logement. Au cours des douze derniers mois, les loyers mensuels ont bondi de 6,9 pour cent, s’établissant en moyenne à 14,21 euros par mètre carré. En revanche, les salaires annoncés n’ont augmenté que de 1 pour cent.

Disparités régionales

Les disparités régionales sont particulièrement marquées, Madrid et la Catalogne étant les plus touchées. À Madrid, les loyers représentent 71 pour cent du salaire brut, tandis que la Catalogne suit de près avec 70 pour cent. La pression est également forte aux Îles Baléares (64 pour cent), au Pays basque (58 pour cent) et aux îles Canaries (56 pour cent).

À l’inverse, des régions comme la Castille-La Manche (32 pour cent) et l’Estrémadure (29 pour cent) affichent des ratios plus faibles, bien qu’ils dépassent toujours les seuils mondiaux d’accessibilité.

Urgence du logement

Les experts qualifient l’évolution d’« urgence du logement ». María Matos, de Fotocasa, souligne que consacrer 50 pour cent de son salaire au loyer dépasse de 20 points de pourcentage les limites recommandées. InfoJobs ajoute que l’augmentation marginale des salaires annuels (environ 276 euros) est négligeable par rapport à la flambée des loyers.

Cette pression financière non seulement réduit la capacité d’épargne, mais entrave également la mobilité de la main-d’œuvre et décourage les jeunes adultes de quitter le domicile parental ou de fonder une famille. (fc)

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