Principaux renseignements
- Le Rwanda s’associe à la Russie pour faire progresser la science nucléaire et les soins de santé.
- Moscou tire parti de l’instabilité perçue de l’Occident pour étendre son influence en Afrique.
- Kigali poursuit une stratégie de diversification pour éviter de dépendre d’une seule superpuissance.
Le récent accord nucléaire conclu entre le Rwanda et la Russie illustre parfaitement l’évolution de la dynamique géopolitique en Afrique. Bien que cet accord porte principalement sur des domaines techniques tels que l’énergie, les applications médicales et la recherche scientifique, il reflète un pivot stratégique plus large.
Alors que les nations occidentales sont de plus en plus perçues comme des partenaires peu fiables, Moscou saisit l’occasion de renforcer sa présence sur le continent.
Coopération technique
Ce partenariat, établi par un protocole d’accord, met l’accent sur la science nucléaire et les soins de santé. Il prévoit notamment la création éventuelle d’un Centre pour la science et la technologie nucléaires ainsi que l’étude de petits réacteurs modulaires. Afin de développer une expertise locale, le Rwanda envoie actuellement des étudiants en Russie pour suivre une formation spécialisée en ingénierie.
Cependant, Kigali ne compte pas uniquement sur Moscou ; des représentants du gouvernement indiquent qu’ils ont également conclu des accords nucléaires civils avec les États-Unis et diverses entreprises d’Autriche et d’Afrique du Sud.
Tendance en Afrique
Cette diversification reflète une tendance croissante à travers l’Afrique, où l’influence occidentale traditionnelle, historiquement fondée sur la sécurité et l’aide, s’affaiblit. De nombreux dirigeants africains se méfient de l’évolution des priorités des gouvernements occidentaux et sont plutôt attirés par la promesse de souveraineté et de non-ingérence de la Russie.
Les experts suggèrent que Moscou tire parti de cette instabilité perçue en proposant des investissements et des formations techniques sans les conditions politiques souvent associées au soutien occidental.
La portée mondiale de Rosatom
L’agence nucléaire d’État russe, Rosatom, est le principal vecteur de cette expansion, avec des accords similaires conclus dans des pays comme le Ghana, le Nigeria, l’Éthiopie, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Cela place le Rwanda dans un environnement complexe où il doit naviguer au sein d’une concurrence mondiale impliquant l’expansion économique de la Chine et la présence militaire des États-Unis dans des régions comme Djibouti, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya.
Le moment choisi pour cette alliance est significatif, car les relations du Rwanda avec les États-Unis ont été mises à rude épreuve par des allégations concernant les droits de l’homme et le soutien aux rebelles du M23 en RDC.
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