Principaux renseignements
- Les frappes de drones ont détruit 25 pour cent des capacités de production de carburant de la Russie.
- Le Kremlin pourrait interdire les exportations de diesel et de kérosène afin de stabiliser l’approvisionnement national.
- Les responsables gouvernementaux imposent désormais des quotas de production pour éviter un effondrement total du marché des carburants.
En réponse à une série d’attaques dévastatrices de drones contre ses infrastructures énergétiques, le Kremlin envisage d’étendre les interdictions d’exportation au kérosène et au diesel. C’est ce qu’écrit le Moscow Times. Cette mesure fait suite à une précédente interdiction des expéditions d’essence mise en place en mars, alors que le gouvernement peine à maintenir l’approvisionnement national en carburant.
Coup dévastateur porté aux infrastructures
Les hostilités récentes ont gravement affecté le traitement du pétrole dans le centre de la Russie, neutralisant de fait la quasi-totalité des principales installations de la région. L’ampleur des dégâts est considérable ; selon certaines informations, le pays aurait perdu environ 25 pour cent de sa capacité totale de production de carburant. Plus précisément, fin mai, des usines dont la production quotidienne cumulée s’élevait à 238 000 tonnes ont été contraintes de cesser leurs activités.
L’impact de ces frappes s’est fait le plus durement sentir dans les immenses usines de Yaroslavl, Ryazan, Nijni Novgorod, Moscou et Kirishi. Ces sites représentaient auparavant plus de 30 pour cent de l’essence du pays et environ 25 pour cent de son diesel. Parmi les plus durement touchées figuraient les deuxième et quatrième plus grandes raffineries de Russie, exploitées respectivement par Surgutneftegaz et Lukoil. La campagne a atteint son paroxysme avec la fermeture totale de l’usine de Syzran de Rosneft après la destruction de son unité de distillation primaire.
La production atteint des niveaux historiquement bas
Les données actuelles révèlent que l’activité des raffineries a chuté à une moyenne quotidienne de 4,69 millions de barils, le niveau le plus bas observé depuis 2009. La situation est encore plus grave que lors de la crise du carburant de l’automne dernier, qui avait enregistré des moyennes de 4,88 millions de barils et entraîné des prix de gros record ainsi que l’utilisation de coupons de rationnement dans les stations-service.
Accords conclus avec onze grandes entreprises
Pour gérer la crise, l’État russe s’est orienté vers un contrôle total de la production de carburant. Le ministère de l’Énergie a conclu des accords officiels avec 11 grandes entreprises, telles que Gazprom Neft et Rosneft, permettant au gouvernement de dicter des quotas de production précis, des calendriers de livraison sur le marché intérieur et le volume de marchandises autorisées à l’exportation ou à la vente sur le marché des matières premières.
Lors d’une réunion de haut niveau présidée par le vice-Premier ministre Alexander Novak, les dirigeants du secteur ont été explicitement exhortés à limiter les exportations de produits raffinés afin d’assurer la stabilité interne. (fc)
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