Principaux renseignements
- L’Allemagne porte son fonds dédié aux matières premières à 1,5 milliard d’euros afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises.
- La diversification des investissements dans des projets miniers mondiaux permettra d’atténuer les risques géopolitiques et les pertes potentielles.
- Les responsables débattent actuellement de la transformation de ce véhicule en un fonds souverain à part entière d’ici 2028.
Afin de réduire sa vulnérabilité face aux chaînes d’approvisionnement chinoises, le gouvernement allemand a l’intention d’élargir son fonds national dédié aux matières premières, en augmentant potentiellement son capital de 50 pour cent pour atteindre 1,5 milliard d’euros. Cette initiative stratégique vise à garantir un approvisionnement plus stable en ressources essentielles en diversifiant les sources d’approvisionnement du pays en matières premières critiques.
Investissements stratégiques
À l’issue de discussions approfondies au sein de la coalition, le gouvernement dirigé par le chancelier Friedrich Merz a convenu d’allouer entre 300 et 500 millions d’euros supplémentaires au fonds à partir de 2027. Ce véhicule financier, géré par la banque publique KfW, soutient des initiatives mondiales d’exploitation minière et de transformation par le biais d’investissements directs en capital et de garanties publiques.
À l’heure actuelle, le fonds a soutenu deux projets majeurs : un site d’extraction de lithium en Allemagne exploité par Vulcan Energy et un projet d’exploitation de terres rares en Australie par l’intermédiaire d’Arafura Rare Earths. D’autres investissements sont prévus d’ici la fin de l’année.
Inquiétudes concernant la position dominante de la Chine
La décision d’élargir les ressources du fonds découle des inquiétudes croissantes concernant la position dominante de la Chine dans la transformation des minéraux stratégiques, que Berlin craint de voir utilisée comme levier géopolitique.
Afin d’atténuer les risques inhérents aux projets miniers à fort taux d’échec, les responsables ont estimé qu’une base de capital plus importante permettrait de diversifier davantage le portefeuille, répartissant ainsi les pertes potentielles.
Évolution vers un fonds souverain
Dans la perspective de 2028, le gouvernement débat d’une transformation plus ambitieuse du fonds. Des propositions visent à élargir son champ d’action pour inclure la sécurité nationale, la défense et les infrastructures vitales telles que les réseaux électriques, ce qui pourrait faire évoluer l’entité vers un fonds souverain à part entière.
La logistique financière reste un sujet de discorde. Bien qu’il ait été suggéré d’exempter ces dépenses des limites constitutionnelles strictes de l’Allemagne en matière d’endettement — à l’instar de la manière dont les dépenses militaires sont gérées —, cette voie a été abandonnée en raison de complexités juridiques. Au lieu de cela, les fonds transitent par la KfW sous forme de transactions financières.
Inquiétudes quant à l’ampleur et à l’efficacité
Malgré ces améliorations, les critiques se demandent si l’ampleur actuelle du fonds est suffisante pour atteindre les objectifs de l’Allemagne. Le soutien aux projets individuels étant plafonné à environ 150 millions d’euros, il existe un doute important quant à la capacité de ce mécanisme à générer les 100 milliards d’euros d’investissements totaux nécessaires pour véritablement dissocier l’économie de sa dépendance vis-à-vis des importations critiques.
Le plan de financement final doit encore être confirmé par le Parlement lors des débats budgétaires de 2027.
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