Les investissements directs étrangers en Europe tombent à leur plus bas niveau depuis dix ans


Principaux renseignements

  • Les investissements directs étrangers en Europe ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans en raison de l’instabilité géopolitique et de la volatilité économique.
  • La Belgique a dérogé à la tendance régionale en augmentant la création d’emplois malgré une baisse du nombre de nouveaux projets.
  • Les capitaux se tournent rapidement vers l’IA, la défense et les énergies vertes alors que les industries traditionnelles sont en déclin.

Les investissements directs étrangers (IDE) en Europe ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans, reculant de 7 pour cent pour s’établir à un total de 5 026 projets en 2025. Selon l’enquête EY sur l’attractivité européenne 2026, ce recul est principalement dû à un climat d’instabilité.

Retenue des investisseurs

Les investisseurs se montrent de plus en plus méfiants face aux conflits géopolitiques, que 41 pour cent des personnes interrogées ont identifiés comme le principal risque pesant sur l’attractivité du continent. De plus, la croissance économique atone, l’augmentation de la dette publique et la volatilité des prix de l’énergie ont tempéré l’enthousiasme des investisseurs.

La Belgique et les principaux pôles économiques confrontés à un ralentissement

La Belgique a notamment connu un ralentissement significatif, les nouveaux investissements étrangers ayant chuté de 11 pour cent, soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2014. Cette tendance s’est avérée encore plus marquée dans d’autres pôles économiques majeurs, tels que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui ont enregistré des baisses de 17 pour cent, 14 pour cent et 10 pour cent respectivement. Les experts suggèrent que la politique américaine sous Donald Trump a joué un rôle, les entreprises américaines — historiquement les principaux investisseurs en Belgique — ayant été encouragées à privilégier les investissements nationaux au détriment des investissements internationaux, ce qui a eu un impact sur des secteurs tels que l’industrie pharmaceutique.

Malgré la baisse du nombre de projets, la Belgique a fait preuve d’une résilience surprenante en matière d’emploi. Alors que la création d’emplois issue des IDE a chuté de 25 pour cent à l’échelle européenne depuis 2025, la Belgique a enregistré une hausse de 13 pour cent, avec 6 094 nouveaux postes créés. Cela indique que, même si les nouveaux projets sont moins nombreux, ceux qui se concrétisent créent davantage d’opportunités d’emploi.

Réorientations multiples

D’une manière générale, le paysage européen connaît une transformation plutôt qu’un recul total. Alors que les secteurs industriels traditionnels tels que l’automobile, la chimie et la fabrication de produits de santé sont en difficulté en raison de coûts de production élevés, les secteurs à forte croissance sont en plein essor. On a observé une forte augmentation des projets liés à l’IA (en hausse de 96 pour cent) et des investissements dans la défense (en hausse de 84 pour cent). De plus, les IDE dans les énergies vertes ont augmenté de 25 pour cent, consolidant le rôle de l’Europe en tant que leader de l’investissement durable.

Des changements géographiques s’opèrent également, la croissance se déplaçant vers l’Europe centrale, orientale et méridionale. Des pays tels que la Turquie, la Pologne et l’Espagne ont enregistré une hausse des IDE, favorisée par des coûts de main-d’œuvre plus bas et l’amélioration des infrastructures numériques. Dans l’ensemble, l’optimisme à long terme demeure ; 60 pour cent des dirigeants interrogés estiment que l’attractivité de l’Europe augmentera au cours des trois prochaines années, soutenue par les solides infrastructures de la région et son vaste potentiel de marché. (fc)

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