La Russie développe un système permettant de contrôler à distance des millions de routeurs appartenant à des foyers russes


Principaux renseignements

  • Rostelecom, une grande entreprise russe de télécommunications, déploie « Leshy Connect » pour gérer à distance des millions de routeurs de ses clients.
  • Du matériel national remplacera les appareils étrangers afin de renforcer le contrôle du réseau d’ici 2027.
  • Les experts en surveillance avertissent que ces outils pourraient permettre une surveillance intrusive des données et une restriction du trafic.

Rostelecom cherche à faire enregistrer un nouvel outil logiciel appelé « Leshy Connect » auprès du ministère du Développement numérique. Nommée d’après un gardien mythologique de la forêt, la plateforme est conçue pour superviser et entretenir à distance des millions de modems et de routeurs de clients. En automatisant les mises à jour du micrologiciel et les configurations de service pour Internet et l’IPTV, le fournisseur vise à maintenir la stabilité et la sécurité des réseaux sans intervention manuelle de la part des techniciens ou des clients.

Migration stratégique du matériel

L’entreprise a l’intention de faire migrer une part importante de son matériel vers ce système national, avec pour objectif 50 pour cent des appareils des abonnés d’ici 2026 et environ 7 millions d’unités d’ici 2027. Ce déploiement implique l’utilisation de routeurs de sixième génération de la société russe Elektra pour remplacer la technologie provenant de l’étranger. Selon les dirigeants de l’entreprise, le système permet aux appareils de se connecter automatiquement, éliminant ainsi la nécessité pour le fournisseur de stocker les mots de passe individuels des utilisateurs.

Bien que l’objectif déclaré soit la maintenance technique, des spécialistes du secteur ont soulevé des questions concernant la portée de ce « contrôle ». Alexander Mikhailov, de Strategy Partners, suggère que, bien que l’outil soit destiné à la gestion des appareils, sa capacité à réguler ou à restreindre le trafic de données représenterait un niveau de fonctionnalité différent et plus intrusif.

Inquiétudes croissantes concernant la surveillance

Cette évolution coïncide avec des inquiétudes plus générales concernant la surveillance numérique en Russie. Une récente analyse technique indépendante de l’application de messagerie « Max », soutenue par l’État, suggère qu’elle contient des capacités de surveillance cachées. Ces fonctionnalités présumées incluent la capacité de détecter les VPN, de suivre les adresses IP réelles, de surveiller les contacts et d’effacer des messages à distance. D’autres allégations suggèrent que l’application peut collecter des identifiants matériels permanents et détourner les fonctions NFC pour imiter des cartes de paiement ou des badges de sécurité.

Parallèlement à ces efforts, les autorités russes étudient un modèle d’accès à Internet à plusieurs niveaux. Ce cadre proposé permettrait d’identifier les utilisateurs « vérifiés » ou « de confiance », garantissant ainsi que certaines personnes privilégiées conservent leur connectivité mobile même en cas de coupure générale d’Internet à l’échelle nationale. (fc)

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