Les exportations de l’UE chutent de près de 10 pour cent alors que le commerce mondial évolue


Principaux renseignements

  • Les exportations européennes vers les marchés hors UE ont chuté de près de 10 pour cent au cours de l’année dernière.
  • Les conflits commerciaux et les ralentissements économiques ont entraîné une baisse massive des expéditions vers les États-Unis et la Chine.
  • Les entreprises privilégient désormais le marché intérieur de l’UE pour compenser l’instabilité mondiale.

Les tendances commerciales européennes évoluent considérablement, les exportations vers les pays hors de l’Union européenne ayant chuté de près de 10 pour cent au cours de l’année dernière. Selon une analyse de De Tijd des données d’Eurostat, les expéditions vers les marchés hors UE ont totalisé 640,5 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit une baisse d’environ 9 pour cent par rapport à la même période en 2025. Une contraction aussi brutale est rare et ne reflète que les turbulences économiques observées lors de la crise financière mondiale et de la pandémie de COVID-19.

Conflits commerciaux et ralentissements mondiaux

L’un des principaux facteurs de ce ralentissement est le conflit commercial déclenché par le président américain Donald Trump. L’impact est particulièrement visible dans les relations avec les États-Unis, où les exportations ont chuté de près d’un tiers. Cela s’explique en partie par une anomalie statistique : début 2025, les entreprises européennes se sont empressées d’expédier des marchandises vers les États-Unis pour devancer les droits de douane à l’importation imminents, ce qui a donné lieu à un mois de mars 2025 record. Cependant, le ralentissement ne se limite pas au marché américain ; les exportations vers la Chine ont également diminué de près de 8 pour cent, alimentées par un effondrement du secteur automobile et un ralentissement des industries chimiques.

Face à ces vents contraires mondiaux, les entreprises européennes accordent de plus en plus la priorité au marché intérieur de l’UE. Le commerce intra-européen a atteint 1 056 milliards d’euros au cours du dernier trimestre, ce qui signifie que plus de 62 pour cent de l’ensemble des exportations de l’UE restent désormais au sein du bloc. Cette tendance s’inscrit dans la lignée des recommandations officielles de la Commission européenne et des États membres visant à renforcer le commerce intérieur. Bien qu’il y ait un intérêt croissant pour des marchés comme l’Inde, l’Amérique du Sud, la Turquie et la Norvège, il n’est pas certain que ceux-ci puissent compenser entièrement les pertes subies en Chine et aux États-Unis.

Incertitude sur le marché américain

Malgré l’instabilité, les États-Unis restent le marché extérieur le plus crucial. Bien qu’un accord tarifaire récent ait réduit une partie de l’incertitude, le professeur Van Hove met en garde contre la nécessité de rester prudent compte tenu de la nature imprévisible de l’administration Trump. Il reste à voir à quelle vitesse les volumes d’échanges commerciaux se redresseront dans le contexte actuel.

Par ailleurs, les importations globales vers l’UE ont également enregistré une baisse de 3,3 pour cent au cours du premier trimestre. Il est intéressant de noter que, tandis que les importations en provenance de Chine ont connu une croissance modeste de 2,5 pour cent, on a observé une forte augmentation des marchandises en provenance des régions voisines de la Chine. Cela se traduit par une forte hausse des importations en provenance de Taïwan, de Hong Kong, du Vietnam et de la Malaisie.

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