Principaux renseignements
- Près de 15 000 personnes perçoivent des prestations de maladie belges tout en résidant à l’étranger.
- Cette population à l’étranger a augmenté de 58 pour cent depuis 2020, dépassant tous les autres groupes.
- La réglementation européenne minimale entrave la capacité du gouvernement à surveiller l’état de santé et à imposer la réintégration sur le marché du travail.
D’après des données récentes de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) auxquelles Het Laatste Nieuws a pu avoir accès, il ressort que près de 15 000 personnes continuent de percevoir des prestations de maladie belges alors qu’elles résident à l’étranger. Bien que ce groupe ne représente que 2,5 pour cent des 576 643 personnes en arrêt de travail de longue durée, leur nombre augmente à un rythme alarmant. Entre 2020 et 2025, alors que le nombre total de bénéficiaires a augmenté de 22 pour cent, le groupe vivant hors de Belgique a bondi de 58 pour cent, enregistrant la croissance la plus rapide de tous les groupes démographiques de cette catégorie.
Répartition démographique
Sur le plan démographique, ce groupe diffère légèrement de la population belge atteinte de maladies de longue durée dans son ensemble. Par exemple, les hommes constituent une légère majorité (51,7 pour cent) parmi les personnes résidant à l’étranger, alors que les femmes représentent 60 pour cent des malades de longue durée en Belgique. En termes d’âge, les tendances restent similaires : 70 pour cent ont plus de 50 ans, et environ 28 pour cent sont dans la trentaine ou la quarantaine, tandis que les moins de 30 ans représentent moins de 2 pour cent. Sur le plan professionnel, la grande majorité sont des salariés ou des fonctionnaires, avec seulement environ 860 travailleurs indépendants.
La France est la destination la plus courante, accueillant plus de 45 pour cent de ces bénéficiaires, suivie de l’Espagne et des Pays-Bas. Parmi les autres pays populaires figurent l’Italie, le Portugal, la Turquie et l’Allemagne. Certains de ces chiffres peuvent s’expliquer par la présence de travailleurs frontaliers, tels que les résidents de France ou des Pays-Bas qui travaillent en Belgique et y paient des cotisations sociales. Cependant, cette logique ne s’applique pas à ceux qui vivent dans des destinations plus lointaines comme la Turquie ou l’Espagne.
Cadres réglementaires relatifs aux prestations
La procédure à suivre pour conserver ses prestations en cas de déménagement à l’étranger dépend de la destination. Pour les personnes qui déménagent au sein de l’UE, les exigences sont minimes ; il leur suffit d’en informer par écrit leur caisse d’assurance maladie et de fournir leur nouvelle adresse au moins 15 jours avant leur départ.
Aucune justification médicale ni autorisation préalable d’un médecin belge n’est requise. À l’inverse, les personnes s’installant dans des pays hors UE, sont soumises à des règles plus strictes, notamment l’obligation d’obtenir l’accord écrit d’un médecin-conseil. Si le personne s’installe dans un pays n’ayant pas conclu d’accord bilatéral avec la Belgique, ses prestations sont généralement suspendues.
Cette situation pose un défi à l’objectif du gouvernement fédéral de réintégrer les malades de longue durée dans la population active. Il est difficile de suivre l’état de santé d’un patient lorsqu’il vit à des milliers de kilomètres. Bien que les caisses d’assurance maladie belges puissent demander aux autorités locales du pays d’accueil de procéder à des évaluations médicales, des sources au sein de ces organisations indiquent que ce processus est souvent inefficace et difficile à mettre en œuvre dans la pratique. (fc)
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