Principaux renseignements
- Le Parlement européen reporte les discussions techniques sur le budget jusqu’à ce que les États membres de l’UE s’accordent sur le montant global du prochain budget de 1 800 milliards d’euros.
- Ce report stratégique vise à accroître l’influence du Parlement dans l’élaboration de la répartition budgétaire finale et à obtenir éventuellement une augmentation de 10 pour cent par rapport à la proposition de la Commission.
- Le Parlement cherche à donner la priorité à des défis cruciaux tels que la sécurité, la stabilité énergétique et la sécurité alimentaire grâce à un financement adéquat dans le prochain cycle budgétaire.
Le Parlement européen adopte une position ferme dans les négociations sur le prochain budget de l’UE, d’un montant de 1 800 milliards d’euros. Il insiste pour que les discussions techniques soient reportées jusqu’à ce que les États membres parviennent à un consensus sur le montant global du cadre financier. Cette stratégie, telle qu’elle est décrite dans un document interne, que Politico a pu consulter, pourrait repousser les négociations formelles à 2027, ce qui suscite des inquiétudes chez certains quant au risque d’un accord de dernière minute.
une question politique sensible
Un tel retard pourrait potentiellement perturber le financement crucial destiné aux agriculteurs européens et aux régions moins prospères lorsque le nouveau cycle budgétaire débutera en 2028. Le négociateur en chef du Parlement, Siegfried Mureșan, a déclaré à Politico, reste déterminé, affirmant que les négociations sur les postes budgétaires spécifiques ne commenceront pas tant qu’il n’y aura pas d’accord ferme sur le budget global et sa répartition.
Le budget de l’UE, officiellement appelé « cadre financier pluriannuel » (CFP), est une question politique très sensible. Tous les sept ans, les gouvernements de l’UE versent un peu plus de 1 pour cent de leur revenu national brut à un fonds commun géré par la Commission européenne, qui répartit ces fonds entre divers secteurs, allant des subventions agricoles aux achats dans le domaine de la défense.
Le Parlement cherche à accroître son influence
La proposition budgétaire de la Commission pour la période 2028-2034 prévoit un financement sans précédent pour la défense et les technologies stratégiques, dans le but de renforcer la compétitivité de l’UE face à des puissances mondiales telles que les États-Unis et la Chine. Cependant, le Parlement a émis des critiques à l’égard de ce projet, notamment en ce qui concerne la fusion de différents programmes et les réductions proposées pour le financement agricole.
Mureșan et Carla Tavares, une autre négociatrice de premier plan du groupe des Socialistes et Démocrates, cherchent à accroître leur influence dans ces négociations avec les capitales de l’UE. Historiquement, les États membres ont reporté les discussions sur les allocations budgétaires aux dernières étapes. Cette fois-ci, le Parlement inverse cette approche afin d’éviter de faire des concessions prématurées sur la structure du budget avant que son montant global ne soit déterminé.
Le Parlement a l’intention de faire pression pour obtenir une augmentation de 10 pour cent par rapport au budget proposé par la Commission, selon son document de position, qui sera voté fin avril. En menaçant de retarder les négociations, il estime pouvoir exercer une plus grande influence sur le montant final du budget. Cependant, cette stratégie pourrait ne pas convaincre l’Allemagne et les Pays-Bas, qui prônent une réduction des dépenses de l’UE.
Équilibrer les priorités face aux contraintes de temps
Les négociations budgétaires exigent un équilibre minutieux, surtout compte tenu du réorientement significatif des fonds vers de nouvelles priorités dans le prochain cycle budgétaire. En général, le Parlement et le Conseil entament des discussions préliminaires sur les détails des politiques budgétaires dans divers secteurs, tandis que les questions financières sont traitées séparément. Le Parlement n’a formellement pas le pouvoir de déterminer le montant du budget, que les dirigeants de l’UE réservent traditionnellement pour la phase finale en raison de son caractère sensible.
Mureșan et Tavares proposent un calendrier révisé afin d’éviter d’être à nouveau mis sur la touche. Ils ont convenu que les négociations sectorielles ne commenceront qu’une fois que le Conseil aura atteint un consensus sur les chiffres globaux du budget. Cette approche vise à accroître la pression sur les capitales nationales.
Les partisans de l’UE souhaitent vivement que le Conseil parvienne à un accord budgétaire avant l’élection présidentielle française au printemps 2027, craignant un éventuel glissement vers un gouvernement d’extrême droite. Le président du Conseil européen, António Costa, vise à finaliser le budget d’ici décembre 2026, ce qui constituerait un calendrier sans précédent par rapport aux négociations précédentes. Cependant, les responsables reconnaissent que mars 2027 est un objectif plus réaliste pour un accord du Conseil. Mureșan souligne l’importance de parvenir à un accord en 2026, compte tenu des élections à venir dans plusieurs grands États membres.
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