Des frappes de missile russe polluent le Dniestr, menaçant l’approvisionnement en eau de la Moldavie


Principaux renseignements

  • Des frappes de missile russe ont endommagé la centrale hydroélectrique de Novodnistrovsk en Ukraine, contaminant le fleuve et mettant en évidence la dépendance de la Moldavie à l’égard de cette source d’eau commune.
  • Les autorités moldaves s’efforcent de contenir la pollution à l’aide de filtres absorbants et d’opérations de nettoyage quotidiennes, tout en coordonnant leurs efforts avec leurs homologues ukrainiens de l’autre côté de la frontière.
  • Cet incident soulève des inquiétudes quant à d’éventuels dommages environnementaux à long terme et souligne la nécessité pour la Moldavie de diversifier ses sources d’approvisionnement en eau et d’engager des poursuites judiciaires contre la Russie pour ce crime environnemental.

Les frappes de missiles contre la centrale hydroélectrique de Novodnistrovsk, en Ukraine, ont provoqué un déversement d’essence dans le Dniestr, qui prend sa source en Ukraine et coule vers le sud jusqu’en Moldavie, où il forme la frontière. La guerre que mène actuellement la Russie contre l’Ukraine rend la Moldavie vulnérable : plus de 70 % de l’approvisionnement en eau de la Moldavie provient du Dniestr.

Travaux d’assainissement

Au cours des dernières semaines, sept filtres absorbants ont été installés sous la supervision du ministère de l’Environnement afin de retenir l’essence qui s’est échappée. Ces barrages filtrants peuvent retenir l’essence pendant une semaine. Une équipe d’une vingtaine de personnes construit actuellement une nouvelle barrière de remplacement à proximité. Elle répand également chaque jour de la poudre absorbante sur l’eau afin de faire coaguler l’essence, de sorte qu’elle puisse être récupérée depuis les berges.

Le processus d’installation nécessite une coordination entre les services moldaves et ukrainiens en raison de la frontière commune et du courant de la rivière. Nicolae Putin, chef du service des secours d’urgence à Ocnita, une commune moldave frontalière, a expliqué à Balkaninsight qu’ils communiquaient quotidiennement avec les pompiers et la police des frontières ukrainiens avant de commencer les installations. La Roumanie a également envoyé des équipes pour aider les pompiers moldaves, tandis que d’autres pays de l’UE ont fait don de matériel.

Malgré des efforts continus, les informations et le soutien provenant du côté ukrainien sont limités en raison de l’état d’urgence. Il est donc difficile d’évaluer la situation à la centrale électrique et de prévoir de futurs cas de pollution. De nouvelles nappes de pétrole apparaissent régulièrement sur le Dniestr, ce qui indique que la destruction de la centrale hydroélectrique de Novodnistrovsk est plus importante que ce qui avait été initialement communiqué.

Sources d’approvisionnement en eau alternatives

Des inquiétudes concernant la qualité de l’eau ont conduit, à la mi-mars, à une interruption temporaire de l’approvisionnement en eau dans plusieurs villes moldaves. L’armée est intervenue en distribuant de l’eau en bouteille jusqu’à ce que les résultats de laboratoire, le 19 mars, démontrent que l’eau était propre à la consommation.

Les riverains dépendent de puits traditionnels et de sources naturelles pour leurs besoins en eau, car il n’y a pas d’eau courante disponible. La Moldavie devra diversifier ses sources d’approvisionnement en eau, par exemple avec des puits artésiens, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du Dniestr. Les autorités étudient actuellement des solutions alternatives, telles que des bassins de rétention, dont l’eau doit d’abord être traitée avant de pouvoir être consommée.

Impact environnemental à long terme

L’impact environnemental à long terme de la récente fuite reste incertain. La rivière Dniestr abrite non seulement la population moldave, mais aussi divers écosystèmes. Le parquet moldave a donc ouvert une procédure pénale le 16 mars, sous la pression d’organisations de la société civile inquiètes d’un éventuel écocide. Vadim Vieru, avocat et responsable de programme au sein de l’ONG Promo-LEX, plaide en faveur de poursuites judiciaires contre la Russie devant la Cour internationale de justice de La Haye.

Il souligne l’importance de réactions rapides et actives face aux crimes environnementaux.De nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, notamment la centrale hydroélectrique de Novodnistrovsk, constituent une menace réelle compte tenu des récentes déclarations du président Zelensky. La région risque de subir une catastrophe écologique si le barrage venait à être détruit. (fc)

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