Les coupes budgétaires de la Commission européenne touchent les think tanks européens pro-UE


Principaux renseignements

  • La Commission européenne a considérablement réduit le financement des groupes de réflexion pro-UE, entraînant des restrictions opérationnelles.
  • Les groupes eurosceptiques ont gagné en influence tandis que les think tanks de droite bénéficient d’un soutien accru, provenant peut-être de sources américaines.
  • Cette décision suscite un débat sur la politisation des financements de l’UE et soulève des inquiétudes quant à un glissement vers un sentiment anti-européen à Bruxelles.

La Commission européenne a considérablement réduit le financement des groupes de réflexion pro-UE, ce qui coïncide avec la montée en puissance des groupes eurosceptiques. Cette réduction, d’un montant de 7,8 millions d’euros, a contraint de nombreux groupes de réflexion bien établis à réduire leurs activités et à licencier du personnel. C’est ce qu’indique le journal français L’Informé.

Les groupes de réflexion sous le feu des projecteurs

Cette décision fait suite aux accusations portées par des organisations conservatrices, dont le MCC Brussels hongrois, qui reprochaient à la Commission de financer une « propagande européenne » visant uniquement à soutenir une intégration européenne plus poussée. Alors que les institutions pro-UE ont subi des coupes budgétaires, les groupes de réflexion de droite à Bruxelles ont gagné en importance et bénéficient souvent du soutien de sources américaines.

Un glissement vers un sentiment anti-européen ?

Le député européen allemand, Daniel Freund a exprimé son inquiétude à Politico quant à un éventuel glissement vers un sentiment anti-européen parmi les groupes de réflexion, soulignant la nécessité pour l’UE de se défendre contre ceux qui cherchent à la détruire. Il a critiqué le retrait des financements accordés aux organisations pro-UE tout en accueillant des entités hostiles, qu’elles soient russes, hongroises ou américaines.

Le programme « Citoyens, égalité, droits et valeurs » (CERV) de la Commission a historiquement soutenu les groupes de réflexion en finançant des événements, des rapports et des recherches liés aux affaires européennes et à l’intégration. De nombreux bénéficiaires étaient des groupes pro-européens. Cependant, la Commission affirme que justifier le financement d’organisations pro-UE est devenu « politiquement plus difficile », ce qui a conduit à ces coupes budgétaires.

Ces coupes budgétaires ont touché des groupes de réflexion de longue date tels que l’Institut Jacques Delors à Paris et la Fondation Robert Schuman, qui recevaient auparavant un financement annuel substantiel. Ces institutions comptaient sur les fonds du CERV pour couvrir leurs dépenses courantes, y compris les salaires du personnel.

Un examen plus approfondi du financement des ONG

Cette situation met en évidence une tendance plus générale à un examen minutieux du financement accordé par la Commission aux ONG et aux groupes de défense. En 2025, un organe du Parlement européen a été créé pour enquêter sur le financement des ONG. Certains secteurs, comme les ONG axées sur la santé, ont vu leurs subventions de fonctionnement entièrement supprimées.

Malgré les inquiétudes quant aux motivations politiques derrière ces coupes, certains dirigeants de groupes de réflexion suggèrent que cela pourrait être davantage attribuable à des processus bureaucratiques ou à la pression exercée par les factions libérales et conservatrices au sein de l’UE. Ce débat souligne la nature politisée des décisions de financement des organisations promouvant les valeurs européennes.

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