Le marché obligataire mondial s’effondre de 2 500 milliards de dollars sous l’effet des craintes de stagflation


Principaux renseignements

  • Le marché obligataire a perdu plus de 2 500 milliards de dollars (2 200 milliards d’euros) en valeur en raison des craintes de stagflation.
  • La hausse des prix du pétrole, alimentée par la situation en Iran, exacerbe l’inflation et érode la valeur des paiements obligataires fixes.
  • Les banques centrales envisagent de relever les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, mais cette mesure pourrait ralentir davantage la croissance économique.

Les marchés obligataires mondiaux ont connu un ralentissement significatif en mars, perdant plus de 2 500 milliards de dollars (2 200 milliards d’euros) en valeur. Ce recul, le plus important depuis plus de trois ans, est alimenté par les craintes de stagflation suscitées par l’escalade du conflit avec l’Iran. La flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre exacerbe l’inflation, réduisant la valeur des paiements obligataires fixes.

Réaction inattendue du marché obligataire

Si les marchés boursiers ont subi des pertes plus importantes, la chute du marché obligataire est particulièrement surprenante étant donné que la dette affiche généralement de bons résultats en période d’instabilité géopolitique. Les experts attribuent cette réaction inattendue à la prise de conscience croissante que la situation en Iran conduira probablement à une stagflation, caractérisée par une croissance économique stagnante et une inflation élevée.

À mesure que les tensions s’intensifient, les prix du pétrole devraient continuer à grimper, amplifiant les pressions inflationnistes et exerçant une pression à la baisse sur la valeur des obligations. Cette tendance se reflète dans un indice Bloomberg qui suit la dette publique, la dette d’entreprise et la dette titrisée à l’échelle mondiale, laquelle est passée de près de 77 000 milliards de dollars (67 000 milliards d’euros) fin février à 74 400 milliards de dollars (64 800 milliards d’euros).

Les obligations d’État les plus touchées

Les obligations d’État ont été les plus touchées, l’indice Bloomberg des titres souverains ayant reculé de 3,3 pour cent ce mois-ci. Les obligations d’entreprises ont connu une baisse légèrement moins importante, de 3,1 pour cent.

La vague de ventes d’obligations s’est intensifiée lundi après que le président américain Trump a menacé de mener une action militaire contre les centrales électriques iraniennes si le détroit d’Ormuz restait fermé. L’Iran a réagi en menaçant de fermer complètement cette voie navigable cruciale, ce qui a encore exacerbé les tensions et alimenté l’incertitude sur les marchés.

Réaction des banques centrales

La hausse de l’inflation a incité des banques centrales telles que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne à envisager une hausse des taux d’intérêt. Ce resserrement de la politique monétaire vise à freiner l’inflation, mais pourrait également avoir un impact négatif sur la croissance économique.

Les économistes préviennent que cette combinaison d’inflation croissante et de ralentissement de la croissance crée un environnement difficile tant pour les décideurs politiques que pour les investisseurs. (fc)

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