Principaux renseignements
- Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán menace de bloquer l’aide à l’Ukraine pour des questions énergétiques, ce qui provoque de vives réactions au sein de l’UE.
- L’Union européenne pourrait passer d’une stratégie d’apaisement envers Orbán à des mesures juridiques, notamment la suspension des droits de vote de Budapest, s’il est réélu en avril.
- La manœuvre calculée d’Orbán met en évidence la vulnérabilité de l’UE face à des États membres qui utilisent leur droit de veto à des fins politiques.
Le Hongrois Viktor Orbán a toujours exercé son influence sur l’agenda de l’UE en utilisant le droit de veto comme un outil stratégique. Cependant, sa dernière tentative de bloquer un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine en invoquant des préoccupations liées à l’oléoduc Druzhba a suscité de vives critiques et fait planer la menace de graves conséquences.
Changement d’approche
Les diplomates et responsables de l’UE suggèrent que, si le bloc a jusqu’à présent évité toute confrontation directe avec la Hongrie, cette approche pourrait changer après les prochaines élections hongroises en avril. La réélection d’Orbán pourrait déclencher un bras de fer avec Bruxelles, les craintes de renforcer son discours de campagne cédant la place à la nécessité d’empêcher d’autres dirigeants d’adopter des tactiques similaires. Ils le déclarent à Politico.
La ministre suédoise chargée des affaires européennes, Jessica Rosencrantz, a qualifié les actions de la Hongrie de « nouveau coup bas », indiquant que des outils juridiques, notamment l’article 7 du traité sur l’Union européenne qui pourrait priver Budapest de son droit de vote, sont envisagés.
Conséquences potentielles
L’UE envisage toute une série d’options pour faire face à la défiance d’Orbán s’il venait à être réélu. Celles-ci comprennent le fait de subordonner les fonds européens à des conditions plus strictes en matière d’État de droit et, éventuellement, d’engager des poursuites judiciaires à son encontre pour obstruction au prêt.
Lors d’une récente réunion des ministres des Affaires étrangères, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exprimé son impatience croissante face à l’obstructionnisme de la Hongrie, soulignant qu’un tel comportement n’était plus acceptable. Les responsables hongrois ont minimisé la gravité des propos de Wadephul, mais d’autres diplomates ont confirmé qu’ils étaient clairs et directs, ne laissant aucune place au doute.
Exploiter les inquiétudes
La dernière manœuvre d’Orbán a été critiquée pour son caractère calculé, exploitant les inquiétudes concernant l’oléoduc Druzhba afin d’obtenir un moyen de pression sur l’UE et l’Ukraine. Ses actions ont exacerbé les tensions, poussant le président ukrainien Volodymyr Zelensky à refuser les inspections de l’oléoduc par l’UE et à déclarer qu’il n’était pas intéressé par sa réparation.
Malgré les avertissements du président du Conseil européen, António Costa, concernant les conséquences juridiques des actions d’Orbán, aucune mesure concrète n’a été prise à l’encontre de la Hongrie.
Décision difficile
La prochaine réunion du Conseil européen place les dirigeants face à un dilemme : soit risquer de mettre Zelensky en colère en retirant le prêt de la table, soit affronter Orbán et donner l’impression de céder au chantage. L’UE est confrontée à un défi complexe : trouver un équilibre entre son engagement envers l’Ukraine et la nécessité de respecter les principes d’unité et de responsabilité au sein de ses rangs.
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