Principaux renseignements
- Le Canada donne la priorité à la reconstruction de ses propres capacités militaires et à la réduction de sa dépendance vis-à-vis des États-Unis en matière de défense.
- Malgré des hésitations passées, le Canada envisage de rejoindre la Force expéditionnaire interarmées (JEF) dirigée par le Royaume-Uni afin de renforcer sa présence euro-atlantique.
- Grâce à des partenariats avec des pays comme la Norvège, le Canada vise à développer sa souveraineté spatiale et à réaliser des avancées technologiques significatives.
Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a révélé que, bien que le pays envisage de rejoindre la Force expéditionnaire interarmées (JEF) dirigée par le Royaume-Uni, sa priorité reste de reconstruire ses propres forces armées et de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Priorité à la croissance nationale
McGuinty a souligné le rythme rapide de la modernisation au sein des Forces armées canadiennes, précisant que les décisions concernant de futurs partenariats tels que la JEF seraient prises en temps voulu. Il a mis en avant l’engagement du Canada à élargir ses collaborations en matière de sécurité dans un contexte mondial en mutation, marqué par le désengagement des États-Unis des accords multilatéraux et le recours occasionnel à des tactiques de pression économique à l’encontre du Canada.
Le ministre a évoqué une nouvelle stratégie industrielle visant à créer un secteur de la défense plus solide. La prochaine rencontre du Premier ministre Mark Carney avec le Premier ministre britannique Keir Starmer portera notamment sur les questions de défense et le Moyen-Orient.
Joint Expeditionary Force
Le Canada avait précédemment refusé d’adhérer à la JEF en 2014, et l’on pensait que l’occasion était passée en raison des ajustements liés au Brexit et des tensions avec le Danemark au sujet de l’île Hans. Cependant, un récent document du Royal United Services Institute soutient que l’adhésion du Canada consoliderait la présence euro-atlantique de la JEF et ouvrirait la voie à une intégration européenne plus étroite.
Si le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a exprimé son souhait de voir la Pologne et l’Allemagne rejoindre la JEF, il a reconnu que cette force n’avait pas été au centre des discussions avec le Canada. Il a mis en avant la coopération en cours au sein de l’OTAN et du G7 de l’Arctique comme des domaines d’intérêt commun.
Aérospatiale
Lors de réunions à Oslo, le Canada a annoncé plusieurs accords avec la Norvège, dont un sur la coopération spatiale. McGuinty a promis des « investissements majeurs » dans la souveraineté spatiale lors d’un événement organisé dans un site de l’Agence spatiale canadienne exploité par MDA Space.
Ces annonces font suite au partenariat conclu en décembre par le Canada avec MDA Space et Telesat pour développer un système de satellites militaires de plusieurs milliards de dollars, ce qui témoigne de ses efforts pour réduire sa dépendance vis-à-vis des systèmes américains. MDA Space a récemment levé 300 millions de dollars (260 millions d’euros) grâce à une introduction en bourse à la Bourse de New York.
McGuinty s’est dit confiant dans la capacité du Canada à réaliser des avancées significatives dans le domaine spatial, notamment grâce à des collaborations avec des partenaires partageant les mêmes valeurs. L’accord avec la Norvège facilitera les échanges de personnel, la recherche conjointe et attirera des investissements. Il a souligné la conviction du Premier ministre Carney selon laquelle des puissances moyennes telles que le Canada et la Norvège peuvent obtenir des résultats remarquables en combinant leur expertise et leurs ressources.
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