Principaux renseignements
- La Commission européenne demande à l’Ukraine l’autorisation d’inspecter le pipeline Druzhba endommagé.
- Tant que le gazoduc n’aura pas été réparé, le président hongrois Viktor Orbán opposera son veto à l’octroi d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.
- Cette inspection serait une première pour la Commission européenne, qui n’a encore jamais mené une telle inspection.
La Commission européenne a officiellement demandé à l’Ukraine l’autorisation d’envoyer des inspecteurs pour évaluer les dégâts subis par l’oléoduc Druzhba. Cette demande intervient alors que la Hongrie bloque un prêt crucial de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine jusqu’à ce que l’oléoduc soit de nouveau opérationnel.
Ukraine
L’Ukraine n’a pas encore répondu à la demande de la Commission. Un porte-parole de la Commission a toutefois indiqué que des discussions intensives étaient en cours avec l’Ukraine. Selon lui, l’accord explicite de Kiev est nécessaire avant de pouvoir définir la portée et l’objectif de la mission.
Cette inspection constituerait une première pour la Commission européenne, qui n’a encore jamais mené une telle opération. L’absence de précédents juridiques complique encore davantage la situation. La Hongrie accuse l’Ukraine de sabotage du gazoduc, tandis que Kiev impute à la Russie la responsabilité des dégâts causés par une attaque de drone.
L’inspection pourrait impliquer des représentants des services énergétiques de la Commission, des États membres, de l’Ukraine et du secteur privé. Il n’est pas certain que le président ukrainien Volodymyr Zelensky approuve cette inspection.
Zelensky a déjà fait part de ses inquiétudes quant à la sécurité des techniciens travaillant sur le gazoduc. Il fait notamment référence au risque d’attaques russes.
Hongrie et Slovaquie
Depuis deux semaines, la Hongrie et la Slovaquie plaident en faveur d’une « mission d’enquête » visant à examiner l’état de fonctionnement de l’oléoduc Druzhba, qui achemine du pétrole brut russe à travers l’Ukraine. Ces deux pays affirment disposer de renseignements démontrant que l’oléoduc est opérationnel et que le transport est bloqué pour des « raisons politiques ».
Kiev, en revanche, soutient que l’oléoduc a été gravement endommagé lors d’une attaque de drones russes le 27 janvier et qu’il doit être réparé. Mais que la complexité de la guerre ralentit les travaux de réparation.
Mercredi, une délégation hongroise a tenté d’inspecter le gazoduc Druzhba. La délégation, dont la venue n’avait pas été coordonnée avec la Commission, a été traitée comme des « touristes » par Kiev et n’a pas été autorisée à accéder au site. Zelensky a déclaré ne pas être au courant de la présence des Hongrois en Ukraine.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a fait de cette question un thème central de sa campagne de réélection. Il est en retard dans les sondages sur le jeune candidat conservateur Peter Magyar. « La Hongrie n’est pas un pays que l’on peut contraindre à se soumettre par des menaces, ni un pays qui cède au chantage. Nos livraisons de pétrole sont en retard depuis longtemps, alors mettons les choses en route : ouvrez l’oléoduc Druzhba », a déclaré Orbán jeudi.
UE
Sous la pression de l’UE, Zelensky s’est engagé à établir un calendrier pour la reprise éventuelle des livraisons de pétrole. Toutefois, aucune date concrète n’a encore été fixée.
La Commission envisage d’accorder une aide financière afin d’accélérer les réparations, mais le montant précis n’a pas encore été communiqué. (ev)(fc)
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