Chine est à la pointe de la robotique, mais l’Europe a-t-elle encore des chances?


Principaux renseignements

  • La Chine domine actuellement le marché des robots humanoïdes et en a produit environ 87 pour cent de l’ensemble des exemplaires dans le monde en 2025.
  • Les start-ups européennes spécialisées dans la robotique ont plus de mal à obtenir des investissements que leurs concurrentes chinoises et américaines.
  • L’Europe a toutefois encore des opportunités grâce à son expertise solide dans les domaines de l’automatisation industrielle, des logiciels et de l’intelligence artificielle.

En février, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est rendu dans la ville chinoise de Hangzhou pour des discussions officielles. Au cours de sa visite, il a été surpris par un spectacle particulier. Des robots humanoïdes effectuaient des sauts périlleux arrière et se battaient entre eux. Cela illustrait les progrès technologiques de la Chine dans le domaine de la robotique. À son retour, Merz a déclaré que l’Allemagne n’était plus assez productive.

La Chine a ainsi une nouvelle fois démontré son avance dans le développement des robots. Mais cela signifie-t-il pour autant que l’Europe est en train de perdre la course à la robotique ?

Avance de la Chine

Unitree et Agibot, deux entreprises chinoises, jouent un rôle important dans l’industrie mondiale de la robotique. Le pays domine donc le marché, avec 87 pour cent de tous les robots humanoïdes produits en Chine en 2025.

Pourtant, le marché des robots humanoïdes est encore relativement restreint. Un peu plus de 13 000 unités ont été vendues l’année dernière. Agibot serait en tête avec environ 5 000 robots vendus, suivi par Unitree avec environ 4 000 robots de moins, selon Forbes.

Le secteur reste néanmoins un énorme succès auprès des investisseurs. Actuellement, le marché mondial des robots humanoïdes représente environ 2 à 3 milliards de dollars (environ 1,8 à 2,7 milliards d’euros). Selon une étude de Barclays, ce marché pourrait atteindre 200 milliards de dollars (environ 184 milliards d’euros) d’ici 2035.

Moins de capitaux pour la robotique européenne

En Europe, il n’est pas aussi simple d’obtenir des financements qu’aux États-Unis et en Chine. Le fondateur de la société londonienne de technologie de construction All3, Rodion Shishkov, a déclaré lors d’un entretien avec Euronews Next que les entreprises européennes doivent souvent se battre pour obtenir un investissement de quelques dizaines de millions d’euros. Aux États-Unis, elles obtiennent souvent plusieurs milliards pour le même effort.

Selon Shishkov, d’autres types de robots sont souvent plus efficaces. Pourtant, les robots humanoïdes attirent beaucoup d’argent et d’attention. Il a donc souligné que les entreprises devaient mieux réfléchir à la fonction d’un robot. Il a ainsi déclaré que si, par exemple, un grand trou doit être creusé, une excavatrice est un choix plus logique qu’un robot humanoïde équipé d’une pelle.

Opportunités pour l’Europe

Malgré l’énorme avance de la Chine, l’Europe a encore des opportunités sur le marché de la robotique. Selon les experts, l’Europe a des atouts dans les domaines de l’automatisation industrielle, de la technologie de précision et de la technologie logistique. Les robots tels que les véhicules autonomes dans les entrepôts ou les bras robotisés dans les usines sont déjà largement utilisés dans l’industrie européenne.

Des entreprises européennes, telles que le constructeur automobile BMW, expérimentent également de nouvelles applications. L’entreprise a annoncé son intention de mener des tests avec des robots humanoïdes dans une usine à Leipzig, en Allemagne. De nombreux investisseurs indiquent que les plus grandes opportunités pour l’Europe se trouvent dans les logiciels, les données et l’intelligence artificielle.

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