Alors que le prix du gaz grimpe, une augmentation des taxes se profile à l’horizon

La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix du gaz. Cette hausse des prix ne pouvait pas tomber plus mal pour les consommateurs belges, car le gouvernement prévoit d’augmenter les accises sur le gaz naturel en avril. Le cd&v demande désormais de reporter cette augmentation fiscale.


Principaux renseignements

  • Le prix du gaz sur le marché européen a presque doublé au cours des trois derniers jours en raison de la guerre en Iran.
  • Alors que les prix du gaz grimpent, le gouvernement De Wever prévoit d’augmenter les accises sur ce combustible.
  • Le député cd&v Steven Matheï a demandé hier à Jan Jambon (N-VA), ministre des Finances, de reporter cette augmentation fiscale. Jambon envisage cette piste, mais souhaite d’abord attendre l’évolution des prix.

Contexte : la guerre en Iran a un effet à la hausse sur les prix de l’énergie.

  • Ainsi, depuis vendredi, le prix du baril de Brent est passé d’un peu plus de 70 dollars à environ 83 dollars (au moment où nous écrivons ces lignes).
  • Le conflit militaire fait également grimper les prix du gaz. Sur le marché de gros néerlandais, qui fait référence, un mégawattheure de gaz se négocie actuellement à 57 euros, contre 32 euros avant les frappes américaines et israéliennes.
  • Les experts préviennent que les prix de l’énergie pourraient rester élevés pendant un certain temps si la guerre ne prend pas fin rapidement. De nombreux autres produits risquent donc également de devenir plus chers, ce qui entraînerait une hausse de l’inflation.

Augmentation des accises sur le gaz

Dans l’actualité : la hausse remarquable des prix du gaz arrive à un très mauvais moment pour les Belges. Lors des négociations sur le budget pluriannuel, le gouvernement a en effet décidé d’augmenter les accises sur le gaz le mois prochain. La taxe sur l’électricité sera toutefois réduite.

  • Selon les dispositions de la loi-programme, l’ajustement des accises sur le gaz entraînerait un surcoût annuel de 78,70 euros pour une famille moyenne de quatre personnes consommant 17 mégawattheures.
    • L’augmentation du tarif du gaz naturel devrait rapporter 42 millions d’euros cette année. Pour les trois prochaines années, les recettes visées sont respectivement de 84 millions, 126 millions et 170 millions d’euros.
  • La hausse des prix du gaz due à la guerre en Iran a été abordée hier lors de la discussion du programme législatif à la Chambre. Le député CD&V Steven Matheï a alors appelé Jambon à reporter la hausse des taxes.

Jambon envisage de reporter la hausse des accises.

Zoom : Jambon a indiqué à la commission des Finances de la Chambre qu’il examinait la proposition de Matheï.

  • « Si les prix de l’énergie augmentent soudainement de manière significative, le gouvernement ne peut pas ignorer cette situation », a déclaré le ministre.
  • Il souhaite toutefois attendre de voir comment les prix évoluent avant d’intervenir. « C’est ce que m’a appris mon expérience en tant que ministre-président flamand : lors de la crise énergétique, nous avons dû réagir immédiatement et j’ai été critiqué parce que je voulais attendre le contrôle budgétaire. Quelques jours ou semaines plus tard, la situation s’était déjà normalisée. Heureusement, nous n’avons pas pris de mesures impulsives à l’époque », explique-t-il pour défendre sa décision.
  • Si l’augmentation des accises est reportée, le gouvernement fédéral devra trouver des recettes supplémentaires. Ce revers budgétaire s’ajoute à l’annulation par le Conseil d’État de plusieurs modifications de la TVA, dont une augmentation de la TVA sur les plats à emporter (frais).

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