Le leader d’extrême gauche français Mélenchon s’adresse aux influenceurs au cœur de la controverse


Principaux renseignements

  • Mélenchon cherche à contourner les médias traditionnels et à s’engager directement auprès des plateformes en ligne et des créateurs de contenu.
  • Les détracteurs dénoncent l’exclusion de certains médias par Mélenchon comme une tentative d’échapper à la surveillance et de contrôler le discours.
  • Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale qui voit les personnalités politiques utiliser des canaux médiatiques alternatifs pour communiquer avec leur public et façonner l’opinion publique.

Jean-Luc Mélenchon, leader du parti d’extrême gauche La France insoumise, est connu pour ses relations tendues avec les médias traditionnels. En réponse aux critiques associant son parti à des groupes antifascistes violents après la mort d’un militant d’extrême droite, Mélenchon s’est tourné vers les créateurs de contenu et les plateformes en ligne. C’est ce qu’un parlementaire déclare à Politico.

Un virage vers les plateformes en ligne

Il a organisé lundi une conférence de presse à laquelle ont participé divers influenceurs et certains médias en ligne, la présentant comme une mesure défensive contre ce qu’il considère comme une couverture biaisée de la part des « médias officiels ». Plusieurs publications renommées se sont vu refuser l’accès à l’événement, ce qui a suscité les critiques des responsables gouvernementaux et des organisations médiatiques internationales qui ont accusé Mélenchon d’éviter un examen minutieux.

La controverse porte sur les liens présumés du parti de Mélenchon avec la Jeune Garde, un groupe d’extrême gauche aujourd’hui dissous, accusé d’incitation à la violence. Le porte-parole du gouvernement français a qualifié l’approche de Mélenchon de « totalitaire et complotiste », tandis que Reporters sans frontières a condamné la décision de limiter l’accès des journalistes, la qualifiant de discrimination journalistique.

Élargir la liberté de la presse ?

France Unbowed soutient que son objectif est d’élargir la liberté de la presse, et non de la restreindre. Le parti affirme que le nouveau format est encore en cours d’élaboration et vise à offrir la possibilité à des voix diverses de s’exprimer. La conférence a été diffusée en direct sur YouTube.

La décision de Mélenchon fait écho à une tendance observée dans d’autres pays où les gouvernements ont cherché à s’engager auprès d’influenceurs ou à limiter l’accès des médias traditionnels. La comparaison avec l’administration Trump, qui a exclu certains organes de presse des briefings et favorisé les commentateurs de droite, n’a pas échappé aux critiques.

Contrôler le discours

Bien que France Unbowed insiste sur le fait que son intention n’est pas de favoriser un côté du spectre politique, beaucoup voient cette décision comme une tentative de contrôler le discours pendant une période sensible. Le Syndicat national des journalistes a exprimé son inquiétude quant à la classification des journalistes en « bons » ou « mauvais » par Mélenchon, suggérant que cela porte atteinte à l’indépendance journalistique.

Mélenchon a déjà eu des interactions controversées avec les médias, notamment des disputes publiques et des insultes à l’encontre de journalistes. Il a répondu aux critiques lors de l’événement de lundi, reconnaissant que son style de communication pouvait être conflictuel, mais affirmant qu’il n’avait aucun problème avec les médias, laissant plutôt entendre que c’étaient les médias qui avaient un problème avec lui.

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