Le Royaume-Uni risque d’être exclu de l’initiative « Made in Europe » de l’UE


Principaux renseignements

  • La France insiste sur le fait que le départ du Royaume-Uni du marché unique de l’UE le disqualifie pour bénéficier de l’initiative « Made in Europe ».
  • Le gouvernement britannique défend activement l’égalité de traitement pour ses entreprises dans les règles « Made in Europe » et rejette toute discrimination liée au Brexit.
  • La France reste ouverte au rapprochement avec le Royaume-Uni, mais insiste pour que le Brexit implique un traitement distinct de celui des États membres de l’UE et de l’EEE.

Le slogan « Brexit means Brexit » a trouvé un nouveau foyer à Paris, où il prend un sens différent pour le gouvernement d’Emmanuel Macron. Selon lui, le fait de quitter l’Union européenne devrait empêcher le Royaume-Uni de bénéficier des avantages liés à son appartenance au marché unique. Cette position complique les tentatives de Londres pour améliorer ses relations avec l’Europe et rétablir des liens plus étroits.

Inégalité de traitement

Le dernier point de discorde concerne l’initiative « Made in Europe » de l’UE, destinée à favoriser les entreprises européennes dans les marchés publics et les aides d’État. Les responsables français ont fait valoir que les entreprises britanniques ne devraient pas bénéficier automatiquement des mêmes avantages que leurs homologues de l’UE en vertu de ces règles. C’est ce qu’ils déclarent à Politico. Cette position a suscité des inquiétudes à Londres, où le gouvernement souhaite un traitement égal pour les entreprises britanniques.

Les ministres britanniques dialoguent activement avec leurs homologues européens pour faire passer ce message. Le ministre des Affaires économiques Peter Kyle doit rencontrer des hauts fonctionnaires de la Commission et des dirigeants industriels à Bruxelles, tandis que le ministre du Commerce Chris Bryant se rendra à Paris le mois prochain pour discuter de la question avec son homologue français. Le gouvernement britannique craint que l’exclusion du club « Made in Europe » ne nuise aux entreprises britanniques et a lancé une campagne pour y être inclus.

Une position ferme

La France reste insensible aux arguments du Royaume-Uni. Son raisonnement est simple : puisque le Royaume-Uni a quitté le marché unique de l’UE, il ne devrait pas conserver l’accès à ses avantages. La France est disposée à inclure les membres de l’Espace économique européen (Norvège, Islande et Liechtenstein), mais insiste pour traiter le Royaume-Uni différemment. Paris suggère que le Royaume-Uni pourrait potentiellement bénéficier de certains aspects du paquet « Made in Europe » à un stade ultérieur, sous certaines conditions spécifiques qui restent à déterminer.

Cette position française reflète une approche plus large du rétablissement des relations avec le Royaume-Uni. Si le renforcement des liens est bienvenu, la France reconnaît la réalité du Brexit et ses conséquences. L’introduction des dispositions « Made in Europe », qui font partie de la future loi européenne sur l’accélérateur industriel, suscite un débat même parmi les États membres. Cette initiative représente un changement significatif par rapport à l’approche traditionnelle de libre-échange de l’UE.

Un avenir incertain

Malgré les retards et les désaccords internes au sein de la Commission concernant la portée des mesures « Made in Europe », le dernier projet mentionne l’identification de « partenaires de confiance » dont la fabrication serait considérée comme équivalente au contenu d’origine de l’UE. La question de savoir si les entreprises britanniques seront finalement incluses ou exclues reste incertaine.

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