5 points positifs pour l’économie en 2023

Même si la situation économique actuelle suscite beaucoup d’inquiétude et d’incertitude, il y a aussi d’importants points positifs pour 2023. Le plus probable est que cette année sera à peu près l’inverse de 2022 : une année qui commence difficilement, mais où la situation s’améliore progressivement.

Sur le plan économique, l’année 2022 a commencé de manière plutôt prometteuse, mais a rapidement commencé à se dégrader. Dans le sillage de la reprise post-corona, l’économie belge a encore connu une croissance annuelle solide d’un peu plus de 2 % au premier semestre. Mais la hausse des prix de l’énergie, l’augmentation de l’inflation et l’incertitude supplémentaire causée par la guerre en Ukraine ont jeté un pavé dans la mare.

Ainsi, l’année 2023 commence de manière plutôt sombre : l’inflation atteint 10 % et l’économie stagne ou se contracte. De plus, il existe des risques majeurs qui pourraient affecter encore plus l’économie : guerre, géopolitique, prix de l’énergie, covid-19 en Chine, impact des hausses de taux d’intérêt sur le système financier… Pourtant, il existe des éclaircies économiques pour 2023. Il est fort probable que 2023 suive le schéma inverse de 2022 : une année qui commence sombre, mais où les choses commencent progressivement à s’améliorer.

1. Légère récession

Malgré toutes les mauvaises nouvelles économiques de ces derniers mois et surtout les hausses de prix spectaculaires, il semble aujourd’hui que le ralentissement de l’activité économique restera globalement limité. Dans une grande partie de l’économie mondiale, l’activité ralentit, stagne ou même se contracte légèrement, mais une chute sévère de l’activité ne semble pas être dans les cartes. La plupart des prévisionnistes économiques ne savent pas vraiment si l’économie belge entrera en récession cet hiver ou non, mais personne ne s’attend à une récession très profonde. De plus, au second semestre, l’activité économique commencerait déjà à se redresser quelque peu. Cette reprise sera modeste, étant donné que la récession a également été très limitée. Pour l’ensemble de l’année, l’économie belge serait alors plus ou moins plate, ou juste positive. Comparé à toutes les mauvaises nouvelles de ces derniers mois, c’est probablement une aubaine.

2. Refroidissement de l’inflation

Les prix de la plupart des produits de base sur les marchés internationaux sont en baisse depuis le printemps. Le prix du gaz européen a été divisé par deux le mois dernier et retrouve aujourd’hui son niveau d’avant l’invasion russe en Ukraine. Cette évolution des prix devrait se traduire par une baisse sensible de l’inflation au cours de l’année 2023 (pour être clair, cela ne signifie pas une baisse du niveau général des prix, mais une hausse plus lente). L’inflation était encore de 10 % en décembre, mais selon le Bureau du Plan, elle devrait se réduire à environ 2 % d’ici l’automne. Même si cela implique que nous ne retrouverons pas les niveaux de prix d’avant la crise et que nous devrons donc apprendre à vivre avec des prix structurellement plus élevés, il s’agirait d’une situation économique beaucoup plus supportable. Notre économie peut facilement faire face à un niveau d’inflation d’environ 2 %, mais avec une inflation de 10 %, c’est beaucoup plus difficile.

3. Forte augmentation du pouvoir d’achat

Malgré toutes les histoires sombres sur le pouvoir d’achat des gens, il est exceptionnellement bien protégé en Belgique par l’indexation automatique. Celle-ci se manifeste avec un retard limité, et se fera surtout sentir en 2023. Selon la Banque nationale, le pouvoir d’achat moyen des ménages belges augmentera d’un peu plus de 3 % en 2023 (en plus de l’inflation, pour être clair). Cela ferait plus que compenser la baisse limitée du pouvoir d’achat moyen en 2022. L’inconvénient, bien sûr, est que la facture en incomberait en grande partie aux entreprises, mais l’impact positif de cette augmentation du pouvoir d’achat des ménages est là.

4. Le marché du travail se maintient

La combinaison de conditions économiques difficiles et d’une hausse spectaculaire des coûts salariaux signifie que certaines entreprises seront contraintes de réduire leur personnel. Pourtant, il ne faut pas s’attendre à des conditions dramatiques sur le marché du travail. Dans un contexte de difficultés persistantes à trouver du personnel adéquat, les entreprises feront tout leur possible pour conserver leur personnel. Par conséquent, le choc sur le marché du travail restera assez limité. En outre, il y a encore de nombreux postes vacants. Les personnes qui perdent leur emploi devraient pouvoir trouver des alternatives assez rapidement. Cela permet également de limiter l’ampleur de l’effondrement de l’économie dans cette crise. Après tout, les gens ne risquent vraiment de s’attirer des ennuis que s’ils se retrouvent sans emploi. Et cela devrait être limité.

5. Accélérer la transition énergétique

En 2022, la crise énergétique a déjà déclenché toutes sortes d’initiatives visant à renforcer notre approche de l’énergie, notamment une révision de l’option nucléaire, des investissements supplémentaires dans les énergies renouvelables, des efforts pour utiliser l’énergie plus efficacement, une plus grande coordination internationale dans le domaine de l’énergie, etc. Cette tendance se poursuivra sans aucun doute en 2023 (et il reste encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine). Ainsi, cette crise accélérera la transition vers une politique énergétique plus durable, ce qui, en fin de compte, rendra notre économie plus forte et plus robuste à long terme.


Bart Van Craeynest est économiste en chef chez Voka et auteur du livre « Terug naar de feiten ».

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