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1 mètre, 1,5 mètre ou 2 mètres? L’horeca s’attaque à la distanciation sociale

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Crise du coronavirus

15/06/2020 | Dominique Dewitte | 6 min de lecture

EPA-EFE/JULIEN WARNAND

En ces temps de coronavirus, l’Espagne et le Royaume-Uni demandent à leurs citoyens de respecter une distance de 2 mètres entre eux. Aux États-Unis, la norme est précisément de 1,82 mètre (ou 6 pieds). La Belgique et les Pays-Bas préfèrent un écartement de 1,5 mètre, tandis qu’au Danemark, en France, en Lituanie et en Italie, 1 mètre semble suffisant.

La distanciation sociale n’est qu’un des nombreux facteurs qui influencent le taux d’infection. Mais c’est sans doute la mesure qui a le plus d’impact sur la réouverture de l’économie. Cela a déjà conduit les pays à réduire cette distance ou du moins à y réfléchir.

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande ‘un minimum de 1 mètre’, elle affirme que le risque d’infection diminue lorsque cette distance est portée à 2 mètres ou plus.

Les scientifiques en sont bien conscients. Ils préfèrent toujours deux mètres de distance, mais ils comprennent aussi qu’une économie respectant deux mètres est compliquée, voire souvent non viable.

En Grande-Bretagne, le débat est l’un des plus explosifs de la pandémie. Selon la British Beer and Pub Association (BBPA), seul un pub sur trois parmi les 67.000 du pays pourra rouvrir en vertu de la règle des deux mètres. Avec une règle d’un mètre, cela passe à deux sur trois. En Angleterre, 900.000 personnes travaillent dans le secteur, ce qui fait une sacré différence en termes d’emploi. Il est impossible pour les entreprises de l’horeca de céder la moitié des mètres carrés et de rester rentables.

Absence de consensus scientifique

L’absence de consensus sur la meilleure distance au niveau de l’UE – et encore plus au niveau mondial – est liée à la science. Les études menées sur la distanciation sociale ne sont guère plus que des observations ou des expériences mécaniques. Aucune étude ne va plus loin que ces résultats. Et même si c’était le cas, une série d’autres facteurs influencent le taux d’infection. Il y a également un manque de consensus sur un autre fait crucial. Le virus se propage-t-il uniquement par la salive ou aussi par les aérosols? Il s’agit de particules plus petites qui restent plus longtemps dans l’air.

Une étude datant de 2017 indique qu’à une distance d’un mètre et demi, au lieu d’un mètre, le nombre de gouttes inhalées d’une autre personne est réduit à zéro. Cette déclaration peut être comparée aux résultats d’une étude publiée au début de ce mois par la revue médicale The Lancet. Celle-ci indique que le risque de contamination passe de 12,8 % à un mètre de distance à 2,6 % à une distance supérieure. Une étude que les critiques qualifient ‘d’absolument incomplète’: elle ne prend en compte que la distance et non la durée d’exposition aux gouttes de salive.

Si les restaurateurs s’inquiètent de la distance sociale que les clients doivent respecter dans leur entreprise, ils se demandent également si les clients reviendront tout simplement dans leur établissement. Plusieurs sondages indiquent que ce n’est même pas le cas. Dans un sondage allemand, 13 % des personnes interrogées déclarent qu’elles ne reviendront pas du tout dans les établissements horeca, tandis que 20 % disent qu’elles reviendront moins souvent.

À Oslo, la violation de la distanciation sociale a conduit à une interdiction de l’alcool

Même si les clients reviennent en nombre, un autre facteur menace de compliquer les choses. La ville d’Oslo en Norvège n’a par exemple pas vu d’autres solutions que d’interdire la consommation d’alcool pendant deux mois. Il s’est avéré que les Norvégiens un peu alcoolisés oublient toute forme de distanciation sociale. ‘Plus ils boivent, plus ils deviennent bruyants et plus tout le monde doit se mettre à parler plus fort. En conséquence, plus de salive circule.’

Aux Pays-Bas également, les personnes qui travaillent dans les établissements de restauration ont de plus en plus de mal à garder une distance de 1,5 mètre entre elles. L’obligation de rester à l’intérieur et de ne pas marcher ou se lever semble en particulier difficile à remplir. Par crainte d’amendes, de nombreux propriétaires de pub gardent tout simplement leur établissement fermé.

En Belgique, l’horeca a été satisfait de la première semaine. Bien que la distanciation sociale empêche de déployer toutes les chaises et les tables, la plupart des places qui s’y trouvent sont occupées. Mais dans notre pays, il y a eu aussi des incidents liés à des bagarres et au non-respect des mesures sanitaires.

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Source: BusinessAM


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