Voici une sex-machine… parfaite pour les maquereaux

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« La machine du sexe basque, c’est le nom qu’on lui donne », plaisante un chercheur du centre technologique de recherche marine et alimentaire AZTI-Tecnalia de Derio (village basque de la province de la Biscaye, du nord de l’Espagne), lors d’une démonstration d’un robot pourvu d’un bras mécanique manipulateur servant au sexage des maquereaux. Il s’agit du bras manipulateur le plus rapide au monde, le Quattro, dont la capacité d’accélération et de freinage est cinq fois supérieure à celle d’un Formule 1, souligne la publicité de l’entreprise basque, Roboconcept, une spin-off d’ingénierie de la municipalité basque d’Irun, au nord de l’Espagne.

« Il n’existe aucun système pareil au monde », déclare l’ingénieure chimiste Rakel Rodriguez d’ AZTI-Tecnalia. « Ce robot répond à une nécessité fondamentale du secteur », explique-t-elle. « Les mâles n’ont pas la valeur ajoutée des femelles. Les œufs du maquereau qui se consomment comme caviar ou frits, peuvent coûter près de douze fois plus cher que la chair ».

Ce robot de sexage permet de déterminer le sexe de 6.300 poissons par heure au lieu de 4.800 et les travailleurs qui étaient à ce poste auparavant peuvent désormais effectuer d’autres tâches. « Avant, les travailleurs travaillaient debout, dans un environnement humide, très bruyant, effectuant des gestes répétitifs et risquant des coupures ou d’autres dangers associés. Après le sexage de 2.000 poissons, vous ne savez plus vraiment où vous êtes », indique Rodriguez.

Traditionnellement, les travailleurs du sexage de maquereau se tiennent debout en face d’un tapis roulant où se déplace le poisson. Ils doivent appuyer sur la zone de l’abdomen de chaque maquereau et le sexe est déterminé en fonction de la couleur du liquide à l’entrée de l’anus. Si ce liquide est blanc, il s’agit de sperme, s’il est jaunâtre ou orangé, ce sont des œufs. « La machine du sexe » réalise ce travail beaucoup plus rapidement et efficacement.

L’augmentation de la productivité s’en ressent également. Selon l’entreprise dont le robot a été breveté, elle est de 1.500%. La technologie employée par AZTI-Tecnalia est la colorimétrie. Le robot réalise très rapidement un petit orifice d’1,5 millimètre de diamètre dans les tripes du poisson et mesure la couleur. Les poissons sont répartis en fonction de leur sexe dans des caisses de plastique.

« Le robot peut être adapté à d’autres espèces », conclut Rodriguez. Enfin, le brevet du robot de sexage appartient à Roboconcept et à Optimar, entreprise de pêche norvégienne.