Vers un accord gouvernemental ‘dans les prochaines heures’ ?

Aux micros de LN24 et de la RTBF, Paul Magnette (PS) s’est montré optimiste, Georges-Louis Bouchez (MR) moins. Les discussions sont principalement budgétaires. Les 7 partis de la Vivaldi doivent se mettre d’accord sur le montant des dépenses, des recettes et des économies à réaliser.

On espérait un accord hier, les discussions se poursuivront aujourd’hui alors que le roi a demandé aux deux formateurs un rapport final ‘dans les plus brefs délais’.

L’échéance du 1er octobre sera difficile à tenir ? Ce n’est pas l’avis du président des socialistes, plutôt optimiste: ‘Je suis convaincu que nous allons aboutir dans les prochaines heures, ce soir ou cette nuit.’ Qu’est-ce qui bloque ? ‘Nous avons travaillé sur une proposition d’épure budgétaire. On n’est pas encore d’accord sur le montant des dépenses, sur les économies à réaliser, sur les recettes à dégager, donc il y a encore beaucoup de travail (…). Rien ne bloque, mais quand on doit dégager des marges pour de nouvelles politiques en sachant qu’un jour il faudra payer tout cela, ce n’est jamais facile. Mais il est nécessaire d’avoir un nouveau gouvernement pour le 1er octobre, et on va y arriver.’

Du côté de Georges-Louis Bouchez (MR), on ne veut pas s’enfermer dans un calendrier: ‘Je ne suis pas un fétichiste des dates. C’est un accord pour 4 ans, donc s’il faut en discuter 3 à 4 jours de plus, ce n’est pas un problème. Ce sera peut-être le 2 ou le 3, impossible de le dire aujourd’hui.’

Si les principaux points de chaque parti sont sur la table, c’est effectivement au niveau de leur financement que cela coince. Il manque 6 milliards sur les 11 nécessaires pour boucler le budget de la prochaine législature. Socialistes et libéraux s’affrontent logiquement sur ce terrain, tant au niveau des dépenses que des recettes, les libéraux voulant à tout prix éviter de nouvelles taxes. Rappelons que notre pays doit déjà faire face à un déficit de 33 milliards d’euros cette année, et 24 milliards l’année prochaine, principalement à cause de la crise du coronavirus.

Conditions de travail peu propices

Des rencontres bilatérales ont eu et auront lieu, même si un négociateur s’inquiète du nombre de participants: ‘Il y a des allées et venues continues ici. En plus des techniciens, on a droit aux porte-parole maintenant. Il y a une réelle inflation, avec le risque de fuites qui va avec.’

Il y a déjà eu 7 longues soirées bien remplies au Palais d’Egmont, lieu quelque peu austère de ces négociations. Les ‘petites discussions discrètes’ ne sont pas simples à organiser, nous rapporte-t-on. On se croirait plutôt au beau milieu d’une conférence diplomatique de type ONU. Pas l’idéal.

‘Faire correctement les choses’

Le président du MR ne veut pas céder à la panique : ‘Il n’y a pas de blocage particulier, on veut juste que les choses soient correctement faites. Je sais que c’est paradoxal parce que les gens attendent un gouvernement depuis 16 mois, mais les circonstances politiques ont fait qu’en réalité on négocie sérieusement depuis une dizaine de jours seulement. Quand on parle de budget, on aborde l’essence même de la politique qu’on pourra mener dans les prochaines années. Tout n’est pas budgétaire, mais énormément de choses le sont. Tous les partis veulent réaliser leur programme, mais chacun doit faire des concessions.’

Un ton rassurant qui tranche avec la précédente semaine sous haute tension. La question du poste de Premier ministre doit aussi définitivement trouver une réponse . Selon nos dernières informations, c’est Alexander De Croo (Open VLD) qui tient la corde.

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