Nouriel Roubini, ainsi que d’autres économistes, ont récemment prévenu qu’une nouvelle crise du crédit pourrait bientôt s’abattre sur l’économie américaine mais aussi mondiale. En plus de la récession qui nous pendrait également au nez.
Vers une crise de la dette ? « Des entreprises et des ménages zombies ne sont plus en mesure de rembourser leurs prêts »

Pourquoi est-ce important ?
L'économie est pleine d'incertitudes. Récession ou pas ? Quelle durée et de quelle intensité ? Voilà des questions qui préoccupent de nombreux économistes. Mais selon certains d'entre eux, il y a d'autres risques, plus graves encore.Les faits : La « mère de toutes les crises », nous pend au nez, selon Nouriel Roubini.
- Nouriel Roubini, aussi connu sous le nom de Doctor Doom (« docteur sombre destin », pour ses prévisions pessimistes répétées), a récemment tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, l’économie américaine, entre autres, se dirige vers une crise de la dette, à cause de la hausse des taux d’intérêt.
- Ménages et entreprises sont habitués aux prêts « gratuits » depuis environ dix ans : les dettes ont explosé. Désormais, ils pourraient ne pas être en mesure de rembourser leurs prêts, ni d’en prendre des nouveaux pour rester viables, maintenant que les taux repartent à la hausse.
- C’est ce qu’il écrit dans une opinion publiée sur Project Syndicate, en début du mois de décembre. Il avertit que, en plus, cette crise de la dette sera accompagnée d’une stagflation. Les responsables des politiques monétaires, comme la Fed et la BCE, ont les mains liées dans cette situation, argumente Roubini : l’inflation est encore bien trop élevée pour commencer à réduire les taux d’intérêt (pour par exemple relancer la croissance ou réduire la charge sur les ménages et des entreprises « zombies » qui sont trop endettés).
- « Cela signifie qu’il y aura un atterrissage brutal – une récession profonde et prolongée – en plus d’une grave crise financière », écrit-il. Il n’y va pas du dos de la cuillère : « La mère de toutes les crises » nous pendrait au nez.
- Écho similaire chez BlackRock : une « récession comme nous n’en avons jamais connue » nous attendrait au tournant.
Le détail : un grand pessimiste, mais pas le seul.
- D’autres économistes tiennent un discours similaire, rappelle Markets Insider. Il s’agit notamment de la directrice du FMI et du directeur de la Banque Mondiale, qui voient l’économie mondiale glisser vers la récession, à cause de l’emprise grandissante de la dette, à travers la hausse des taux d’intérêt.
- Vendredi, accompagnés du président de l’OCDE, les deux économistes ont souligné que le déconfinement progressif de la Chine apporterait un peu de soulagement à l’économie mondiale. Mais la tendance globale est à une lourde plongée.
Et maintenant : comme en 2008 ?
- En 2008, la crise financière avait commencé par un endettement trop élevé des ménages, via des prêts accordés sans trop regarder aux conditions des candidats, mais classés comme « sûrs ». Ce qui a mené à une bulle dans le marché immobilier américain, qui a éclaté, et avec elle une partie du secteur bancaire occidental.
- Pour Roubini, il y a des similitudes entre 2008 et aujourd’hui, avec cette large prise de dette, ces dix dernières années, lorsque les taux d’intérêt étaient au plus bas. Reste à voir si les banques ont appris leurs erreurs de 2008. Les banques « too big to fail » avaient nécessité des aides d’État considérables.
- Voilà en tout cas un scénario, s’il venait à se réaliser, qui provoquerait une nouvelle catastrophe sur les marchés boursiers. Pour rappel, en 2008, ils avaient perdu la moitié de leur valeur environ. Certains estiment toutefois déjà que 2022 est pire que 2008.