Le vrai vainqueur de la Coupe du monde ? C’est bel et bien le Qatar

Bien que son équipe nationale n’ait pas remporté la compétition, force est de constater que l’émirat du Qatar a fait une très bonne impression sur la scène mondiale. Les supporters étaient heureux, le football était plus que correct et les protestations prévues n’ont pas eu lieu. Dans peu de temps, nous jouerons également au football en Arabie saoudite, au Maroc ou en Indonésie. Les manifestations en faveur des droits de l’homme n’auront alors que peu d’importance.

Pourquoi est-ce important ?

Le Qatar a investi 200 milliards de dollars dans ce tournoi, un montant sans précédent. Le pays voulait montrer au monde qu'il ne faut pas le négliger, et il a réussi. C'est la confirmation que le soft power fonctionne : si vous avez vraiment beaucoup d'argent, vous pouvez acheter votre place sur la scène mondiale.

Le contexte

  • Il y a eu en fait très peu de manifestations et de protestations pendant le tournoi. Les supporters ont en fait accepté toutes les règles, y compris l’interdiction de consommer de l’alcool dans les stades. La sécurité du pays et son organisation plus que décente ont changé la perception qu’on en a. La finale victorieuse a été l’apothéose qui a fait taire les dernières critiques.
  • Tous les pays disposent d’une voix égale pour désigner le lieu où se déroulera la Coupe du monde. Cela signifie que les grands pays de football d’Amérique du Sud et d’Europe ont finalement très peu d’influence sur l’attribution de l’organisation de l’événement.
  • L’Arabie saoudite fait aujourd’hui activement pression pour organiser une Coupe du monde. La performance plus que décente de leur équipe et le fait que les Saoudiens sont des fans de football leur donne une chance décente. Mais surtout, c’est un pays qui a l’argent pour en faire un spectacle.
  • Gianni Infantino, le président de la FIFA, a clairement indiqué dans son discours que l’Occident n’a pas son mot à dire dans ce processus et que lui et la FIFA choisiront le candidat qui leur convient le mieux. Le fait est que ça sera fort probablement celui qui a le plus d’argent.
Gianni Infantino, Président de la FIFA, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Emir du Qatar et Lionel Messi (Shaun Botterill – FIFA/FIFA via Getty Images)

L’essentiel

Attendez-vous à d’autres tournois à l’avenir dans des endroits où les valeurs occidentales ne sont pas dominantes. Gianni Infantino poussera plus que jamais et voudra s’arracher des griffes de l’UEFA, la fédération européenne de football.

RVW


Xavier Verellen est un auteur et un entrepreneur. Son récent livre « Top athletes are CEOs », qui montre que le leadership fait la différence entre les champions et les superchampions, est en vente à la librairie Standaard ou en ligne sur https://topsporterszijnceos.businessam.be/

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